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33 internautes sur 34 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
enfin du neuf sur l'histoire de cette periode !,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Et si la France avait continué la guerre (Broché)
ce livre est sensass ! tout ou presque a été dit sur cette periode et les editeurs sortent chacun leur ouvrage à l'occasion de ce 70eme anniversaire qui n'apporte rien de neuf par rapport à tout ce que l'on a pu lire auparavant. cet ouvrage retrace de maniere uchronique ce qu'il aurait pu se passer si... grace à un événement qui se produit debut juin 40 et qui change tout (le fameux effet papillon). ne vous y trompez pas : tout ce qui (aurait pu) se passe dans ce recit est etayé par une bibliographie sévere, par une méthodologie des plus "carré", et les membres de l'équipe (dont beaucoup sont historiens)ont debattu sur le net pendant des milliers d'heures avant d'arriver aux résultats décrits. sachez enfin si vous accrochez qu'un forum existe (tapez 1940 la france continue dans votre moteur)où les discussions et le recit continue jusque fin 42 pour l'instant, avec environ 2-3 fois le volume de cet ouvrage en annexes, schemas, discussion de forum et recits liés à cette realité.bref cet ouvrage demontre que l'armée française n'a pas failli en 40, qu'elle a payé le prix du sang, et que la trahison est venu des politiques : il aurait été possible de continuer la lutte depuis l'afrique du nord. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
46 internautes sur 49 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Un scénario alternatif à méditer,
Par Michel "de la brousse" (Sénégal) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Et si la France avait continué la guerre (Broché)
Il faut pendre ce livre pour ce qu'il est : ni ouvrage de politique-fiction, ni roman historique, ni thèse argumentée, mais un scénario de ce qui aurait pu arriver si le parti favorable au combat l'avait emporté sur le parti défaitiste dans les premiers jours de juin 1940 (l'élément déclenchant étant la mort accidentelle d'Hélène de Portes, maîtresse de Paul Reynaud et avocate du parti défaitiste). « Ce qui aurait pu arriver » n'est pas à comprendre au sens d'une hypothèse, mais au sens de « ce que l'état des forces en présence rendait possible si la volonté d'acteurs-clefs du drame avait été différente ».L'exercice relève d'un genre qui rencontre pas mal de succès depuis quelques années auprès du public anglo-saxon (surtout britannique) et qu'on appelle « contrafactual history », genre peu familier auprès du public français et tenu en suspicion par nos historiens universitaires. L'ouvrage est le résultat d'une réflexion et d'échanges intenses menés par un groupe de travail international de plusieurs dizaines d'historiens, de spécialistes des questions militaires, d'économistes, de statisticiens, etc. Il montre comment il était possible (comme de Gaulle l'avait exprimé au sein du gouvernement où il siégeait en tant que sous-secrétaire d'État à la Guerre) de réaliser un transfert des pouvoirs publics, d'un noyau dur des forces armées et des « pôles d'excellence » des industries d'armement en Afrique du Nord, protégé par des actions retardatrices menées par le reste de l'armée sur le territoire métropolitain. Les auteurs l'estiment en effet possible compte tenu d'un certain nombre de facteurs objectifs (qui ne sont pas discutés dans le livre lui-même, mais dans des dossiers annexes consultables sur un site Internet) tels que : le taux d'attrition des forces allemandes au cours de leur avance ; les limites de leur logistique pour le soutien de leurs éléments avancés (limites qui étaient déjà atteintes, sinon dépassées au moment de l'armistice) ; la capacité de transport mobilisable entre les ports français et ceux d'Afrique du Nord ; les calendriers de livraison des matériels commandés par la France aux États-Unis (et qui auraient pu facilement être livrés au Maroc ou en Algérie plutôt qu'en métropole) ; les réserves financières (dont l'or de la Banque de France) à la disposition du gouvernement pour tenir pendant plusieurs mois sans accès aux ressources fiscales métropolitaines ; et l'écrasante supériorité navale franco-britannique par rapport aux marines de l'Axe. Dans ces conditions, le théâtre d'opérations principal de la guerre se serait déplacé vers la Méditerranée, dont l'Allemagne n'était pas en état d'organiser la traversée par ses forces. L'ensemble est assez convainquant mais appelle quelques réserves : - sur le plan « littéraire », l'ouvrage consacre des développements inutilement longs (et assez fastidieux) à décrire dans tous leurs détails des opérations militaires fictives telles qu'elles auraient pu se dérouler en France métropolitaine, en Sicile, en Sardaigne, en Libye, etc. - sur le plan diplomatique, les auteurs postulent que Roosevelt était disposé à donner son appui sans réserve (sous conditions de rester non-belligérant) à un scénario permettant à la France de conserver son indépendance et de renforcer sa souveraineté sur ses colonies ; or, ce postulat est très contestable : Roosevelt a montré par la suite qu'il se souciait comme d'une guigne de l'indépendance et de la souveraineté de la France et, pire, que le démantèlement des empires coloniaux français et britannique était en soi un de ses buts de guerre (point de vue exprimé par Churchill lors de ses entretiens avec Roosevelt pour la signature de la Charte de l'Atlantique en 1941) ; il est vrai que l'hostilité personnelle de Roosevelt à l'égard de la France était en partie motivée par le mépris que lui avait inspiré l'effondrement français de juin 1940 (aspect souligné dans la biographie de De Gaulle de Jean Lacouture) et que, si la France avait refusé la défaite à ce moment-là, ce motif n'avait pas lieu d'exister, mais il reste les motifs géopolitiques qui, eux, n'avaient aucune raison d'être affectés par la « divergence » des scénarios ; - toujours sur le plan diplomatique, rien ne permet d'affirmer que l'attitude de double jeu de Franco aurait pu être la même, dans la mesure où les pressions allemandes sur l'Espagne auraient été bien plus fortes si la France avait conservé des capacités combattantes intactes (et même renforcées) en Afrique du Nord ; - sur le plan technique, vu la désorganisation du dispositif français dès la première quinzaine de juin 1940, il est difficile de croire que l'armée française aurait pu assurer la coordination et la logistique minimales des actions retardatrices menées en Bretagne, sur la Loire, dans le sillon rhodanien, le temps nécessaire au « déménagement » des unités militaires, des organes de gouvernement et des usines d'armement vers l'Algérie (le livre décrit longuement ces actions mais avec quelles munitions, quel carburant, quels approvisionnements auraient-elles pu être menées ? Le livre est muet sur cette question). - sur le plan psychologique, était-il possible de faire combattre avec ardeur et motivation des unités vouées d'avance à être sacrifiées ? De même, vu le découragement et la sidération de la population civile, comment une stratégie consistant à abandonner le territoire métropolitain aux Allemands et vouant une partie de l'armée (armée de conscription, ne l'oublions pas) à l'anéantissement, aurait-elle pu recevoir le soutien populaire minimal indispensable pour mener des actions retardatrices en plein c½ur de la France ? Des témoins de cette époque (des personnes qui avaient entre 15 et 18 ans au moment des faits) avec qui j'ai discuté du livre m'ont assuré que l'hypothèse ne tient pas : faute d'avoir été décidé par les autorités politiques, l'armistice aurait pu être imposé par des mutineries militaires et des révoltes populaires. Quoi qu'il en soit, ce livre est passionnant en ce qu'il invite à réfléchir sur le rôle respectif des éléments objectifs et subjectifs dans un événement historique et, au-delà, à méditer sur la nécessité, toujours actuelle, d'appuyer les décisions politiques sur une analyse rigoureuse du possible et de l'impossible afin de ne pas d'emblée croire impossible ce qui n'est que difficile ou douloureux. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Très bon ouvrage,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Et si la France avait continué la guerre (Broché)
Un joyau, ce livre est passionnant, c'est une fiction et il faut la prendre comme tel. Je me suis régalé.
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