Le premier essai de ce recueil, ou plus exactement le premier cours de cette série de quatre leçons données à l'Ecole Polytechnique, porte sur "la Princesse de Clèves" et ne révèle son caractère réactif qu'au bout de quelques pages : l'absolument détesté Président de la République avait commis l'erreur de déplorer en termes peu nuancés qu'il existât en 2010 dans un questionnaire de connaissances générales servant à recruter sur concours des fonctionnaires de la catégorie B (je crois) une question portant sur le roman de Madame de La Fayette ! Alain Finkielkraut s'est donc autorisé à joindre sa voix à celle des comiques pour fustiger le nain. Il se trouve que "La princesse de Clèves" n'est vraiment pas un roman facile à lire, mais qu'importe : avec un peu de mauvaise foi et beaucoup de talent, le tour est joué, voilà l'ouvrage redevenu un classique incontournable; la prochaine fois, ce sera l'Astrée, accrochez-vous).... Heureusement, Alain Finlielkraut n'en est pas resté là : les les trois autres essais (à propos d'oeuvres d'Ingmar Bergman, Philip Roth et Milan Kundera) poursuivent donc l'analyse littéraire du même thème , l'Amour... et finalement, cette série s'avère un peu confuse, mais très riche : riche de résumés intelligents, riche de précieux rapprochements, riche de citations originales, riche de questionnements et d'ouvertures. Chaque leçon est accompagnée d'une courte bibliographie, qui donne envie d'aller prolonger ces réflexions dans les ouvrages cités. Comme souvent Alain Finkielkraut se montre un excellent passeur, un merveilleux initiateur, qui redouble l'envie de lire. Ils ont bien de la chance, les élèves de Polytechnique (mais nous, sans passer de concours, on peut écouter A. F. dans son émission Répliques sur France-Culture, le samedi matin).