Petit essai très intéressant qui tend à trouver une place à la notion d'état d'exception dont on entend parler de plus en plus ces derniers temps.
Cette notion (dans la forme que nous lui connaissons) existe finalement depuis assez longtemps, les premiers textes de ce genre ayant fait leur apparition juste après la révolution française.
Cet outil a bien évidemment été très souvent utilisé pendant les périodes de guerre, mais il apparaît à la lumière de ce livre qu'il a été à la source de quelques dictatures et autres états totalitaires, démontrant là tout le problème de cette notion.
L'auteur réfléchit alors sur ce qu'est cette notion d'état d'exception, comment trouver la place de cet outil politique sur le plan juridique alors qu'il est justement là pour 'sublimer' l'action judiciaire tout en s'en affranchissant, présenté qu'il est comme un palliatif instantané aux manques constitutionnels et juridiques face a des situations d'urgence mettant en danger ces systèmes. Il apparaît alors que cette notion existait déjà sous l'empire romain, sous une forme qui n'avait pas été interprétée immédiatement comme une forme 'primitive' de l'état d'exception que nous connaissons.
L'auteur passe en revue de manière détaillée les différents sociologues et philosophes qui se sont attardés sur la définition de l'état d'exception, rendant ainsi accessibles au commun des lecteurs nombre d'études et de thèses.
Le livre, très accessible, peut prendre une certaine dimension à la lueur de certains faits qui se déroulent actuellement aux USA, à l'heure où les prisonniers de Guatanamo vont finalement pouvoir bénéficier d'une défense juridique normale, droit dont ils étaient privés avant l'arrivée de l'administration Obama au pouvoir.