Michael Crichton a le talent de nous faire réfléchir sur les grands problèmes de notre temps. Ce roman (qu'il aurait été plus judicieux de traduire par « État de Peur », son titre d'origine) ne déroge pas à cette règle.
Le sujet en est le réchauffement climatique (aujourd'hui nommé « changement climatique ») et il s'oppose farouchement à cette croyance consensuelle, élevée en dogme universel et brandie comme un spectre, qui semble aujourd'hui dicter l'ensemble des politiques humaines et qui force, par idéologie pure, l'homo « sapiens sapiens » à abandonner tout sens de discernement.
Le roman a été écrit en 2003, lorsque les voix des climatologues septiques dits « dissidents » ou même «révisionnistes » avaient encore du mal à se faire entendre mais avant les dernières préconisations 2007 du G.I.E.C (I.P.C.C.) qui concluaient bizarrement à la responsabilité humaine (« anthropique ») de ce périlleux réchauffement et nous annonçaient, parallèlement, une apocalypse imminente (à l'échelle du temps).
La grande qualité de ce livre est d'ouvrir un débat qui n'a jamais eu lieu au niveau du grand public, de faire entendre les voix contradictoires de ces milliers de scientifiques qui contestent cette théorie effrayante du climat (« soi-disant consensuelle ». Mais le point de vue divergent est fort peu relayé par les médias assoiffés de sensationnalisme).
M.C. se lance dans un réquisitoire contre cette nouvelle foi irrationnelle qui semble avoir saisie l'humanité entière et il évoque également les précédents en matière d'égarements collectifs (eugénisme, désertification du Sahel, Trou de la couche d'ozone, croyance au refroidissement, etc.).
Le grand mérite de cet ouvrage est de nous obliger, puisque nous (moi inclus) vouons un culte à la nature, à faire usage de ce précieux don qu'elle nous à léguée : le libre arbitre. Car, au-delà des thèses défendues par l'auteur (cf. « annexes » en fin de roman) auxquelles nous pouvons ou non choisir d'adhérer, M.C. nous force à revoir nos fondamentaux de pensée et d'action en réintroduisant les mécanismes salvateurs de tout esprit sain : la curiosité, le doute et la modération.
Avant la lecture de ce livre, j'étais moi-même un croyant inconditionnel et un adepte des solutions politiques radicales (au détriment de certaines populations et de certains territoires) qui en découlaient. Je n'avais finalement rien lu et j'écoutais la voix de la majorité. Puis le doute s'est invité au cours de ma lecture et je me suis donc mis à consulter la « littérature » scientifique sur le sujet (du moins celle qui était accessible à ma formation et à mon intelligence).
Et je dois dire que le credo s'est soudain transformé en forte incertitude*.
Merci Michael C., pour nous rappeler que, en toute chose, nous devons « raison garder ».
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* On pourrait résumer ce doute par la formule de Marcel Leroux, l'un des plus grands climatologues de ces dernières années, décédé en aout 2008 : « Il n'y a pas de climat global, il ne peut donc y avoir de réchauffement global. » Un signe de l'ostracisme qui entoure les adversaires de la thèse officielle du réchauffement anthropique est que l'ouvrage scientifique de référence
Global Warming - Myth or Reality: The Erring Ways of Climatology de cet auteur (édité chez Spinger) n'est toujours pas traduit en français. (Un comble pour un... français !). Mais comme votre ami est peut-être Google...