C'est ici sous une forme remasterisée incluant bonus et nouveau design que se présente cette réédition du premier chef-d'½uvre d'Anathema (leurs 4 précédentes livraisons étant à mon goût plus dispensables). En s'éloignant définitivement du doom-death de leurs débuts et en laissant transparaître leurs influences Floydiennes (ce qu'ils affirment clairement en reprenant « Hope »), les Anglais commencent avec ce « Eternity » (qui représente pour moi, le véritable tournant de leur carrière) à taquiner la grâce. Certes, certains diront que Vinnie Cavanagh ne possédait pas encore à l'époque une assurance vocale suffisante (sa voix est effectivement chevrotante par instants) mais c'est justement là que réside son charme sur cet album... aidé en cela par des textes réellement bien sentis, tournant majoritairement autour du suicide et de l'insignifiance de la vie, le jeune chanteur communique plus une émotion qu'une quelconque technicité. Les premières véritables perles d'Anathema naissent alors sur cet album... « Angelica », « Hope », « Suicide veil », « Far away »,... autant de grands moments annonciateurs de l'énorme potentiel émotionnel d'un groupe qui en deux mots, trois notes, parvient à instaurer le malaise. En affirmant sur ce « Eternity » un style ou lenteur et lourdeur se marient à mélodie, Anathema trouvaient définitivement leur voie, une voie qu'ils poursuivront deux années plus tard sur leur chef-d'½uvre absolu, « Alternative 4 ». A noter que la resmasterisation apporte ici réellement quelque chose par rapport à l'original... et c'est assez rare pour le souligner.