Ethno-Roman - Prix Femina Essai 2012 et plus d'un million d'autres livres sont disponibles pour le Kindle d'Amazon. En savoir plus


ou
Identifiez-vous pour activer la commande 1-Click.
ou
en essayant gratuitement Amazon Premium pendant 30 jours. Votre inscription aura lieu lors du passage de la commande. En savoir plus.
Plus de choix
Vous l'avez déjà ? Vendez votre exemplaire ici
Commencez à lire Ethno-Roman - Prix Femina Essai 2012 sur votre Kindle en moins d'une minute.

Vous n'avez pas encore de Kindle ? Achetez-le ici ou téléchargez une application de lecture gratuite.

Ethno-Roman Prix Fémina Essai 2012 [Broché]

Tobie Nathan
4.2 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (11 commentaires client)
Prix : EUR 19,50 Livraison à EUR 0,01 En savoir plus.
  Tous les prix incluent la TVA
o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o
Il ne reste plus que 1 exemplaire(s) en stock (d'autres exemplaires sont en cours d'acheminement).
Expédié et vendu par Amazon. Emballage cadeau disponible.
Voulez-vous le faire livrer le lundi 28 juillet ? Choisissez la livraison en 1 jour ouvré sur votre bon de commande. En savoir plus.
‹  Retourner à l'aperçu du produit

Descriptions du produit

Extrait

Je m'appelle Tobie Nathan

En vérité, je suis né après ma naissance. La France, mon pays, j'y suis arrivé un peu tard, en 1958 - comme de Gaulle au pouvoir - déjà âgé de dix ans, déjà fabriqué, pour ainsi dire. Les Français sortaient de la guerre ; nous sortions d'Égypte, arrivés tout droit de l'Antiquité. Je ne comprenais pas l'ambiance de tristesse et de plainte qui régnait alors en France. Mes parents n'avaient été ni déportés, ni collabos, ni bofs ; et certainement pas de ces veaux que raillait le Général. Mes parents venaient d'ailleurs et restaient imprégnés des préoccupations de ce monde lointain. Ils lisaient le journal, non pour connaître le prix du beurre, mais pour avoir des nouvelles de Khrouchtchev ou de Boulganine parce que c'étaient eux, les dirigeants soviétiques, qui avaient été à l'origine de leur expulsion d'Égypte, en menaçant les Français et les Anglais durant l'affaire de Suez.
Quand je suis arrivé en France, chacun n'avait qu'une idée en tête, régler les comptes de la guerre. Nous autres, Français, je l'ai compris depuis, sommes éternels opiniâtres de nos raisons... raison d'avoir été pétainiste, raison d'être communiste, raison d'être pacifiste... en ces temps, il y avait encore de tout ! Mon ami, Jean-Loup, aujourd'hui grand reporter dans un hebdomadaire prestigieux, me montrait les jambes frêles de son père : «C'est Buchenwald, m'expliquait-il, pour le reste il a bien récupéré, mais les jambes sont restées aussi maigres qu'au retour du camp»... Nous avions onze ans, douze, peut-être ; nous partagions nos premiers étonnements, nos premiers émois et nos intérêts pour les filles. Pour moi, il était la France et lorsqu'il m'invitait chez lui, j'observais sa famille, une famille de Français. Eux aussi, du reste ; ils m'observaient. Pour eux, j'étais cet étranger qu'ils aimaient connaître. Ils étaient de Charente ; ils étaient comme ça ! - chez eux, on posait mille questions.
La France, je l'ai rencontrée aussitôt arrivé, dans le même temps où je me suis découvert. Je veux donner un double sens au mot «découvrir», à la fois se dévêtir, se montrer, et aussi connaître, reconnaître sa propre étrangeté. J'ai toujours été étrange à moi-même, considérant au fur et à mesure du temps que la seule véritable tâche d'homme était de parcourir ses recoins cachés, de s'adapter à ses propres singularités.
Nous étions à la veille de Pessah, la pâque juive. Il faisait beau, je m'en souviens ! C'était aussi une découverte ce pays où l'on remarquait le jour où il faisait beau ! Le maître, «Monsieur M...» - j'aimerais dire son nom, mais il vaut mieux ne pas troubler le sommeil des morts... -, tablier gris, plis du fer à repasser, cheveux gominés, plaqués en arrière, cynique, raffiné, interrompit la leçon cinq ou dix minutes avant l'heure. Moment de détente, proposition de parole libre. Il faudrait prévenir les migrants : il n'existe pas de parole libre. Lorsqu'elle est libre, ta parole te dénonce plus encore ! Je lève la main :
- Msieur ! Demain, je serai absent... je ne viendrai pas à l'école.
- Ah oui ? Et pourquoi donc ?
- Msieur, mais c'est Pâque ! On va faire la haggadah !

Revue de presse

Il y a trois lectures possibles de ce livre, trois récits qui s'entrelacent de manière décalée dans le temps et l'espace, trois épopées où le héros, mais aussi le héraut («personne qui annonce un événement remarquable», dans le dictionnaire), est bien sûr l'auteur de cet Ethno-roman. Chacun préférera - ou délaissera - tel ou tel récit...
Revenons à l'une des trames du livre, une des plus intéressantes, quand Tobie Nathan raconte ses origines (et celle de ses ancêtres), celle qui développe et analyse son roman familial. C'est évidemment là que l'on trouvera la clé du personnage. L'auteur fait partie de la communauté juive d'Alexandrie (totalement disparue aujourd'hui) que Nasser a embarquée de force et sans bagages en février 1957 sur un navire en direction de l'Italie (c'était l'époque de «la crise du Canal de Suez»). Tobie Nathan, enfant, était accompagné dans ce périple par son grand frère et ses parents. Après moult péripéties, la famille arriva en août 1958 de Rome à Paris, où ils vécurent tous les quatre «clandos dans une chambre de 10 mètres carrés»...
La banlieue, les «quartiers», Tobie Nathan les connaît bien. Ce n'est donc peut-être pas par hasard s'il a commencé sa carrière à la faculté de Villetaneuse (Seine-Saint-Denis), puis à Bobigny où il créa un enseignement et une consultation d'ethno-psychiatrie. Mais loin de raconter son histoire sur un mode historique ou plaintif, c'est dans un style littéraire, métaphorique, presque onirique, que l'auteur écrit de très belles pages où il explique l'origine de son prénom (Théophile pour l'état civil, en fait l'arbre qui cache la forêt de bien d'autres prénoms), et de son nom (Nathan). (Geneviève Delaisi de Parseval - Libération du 25 octobre 2012)

Servi par une écriture d'une belle vitalité, Ethno-roman est la chronique intellectuelle d'une génération et d'une communauté oubliée, celle des juifs d'Egypte, dont l'émigration engendra une diaspora discrète...
Ethno-roman offre une vision excentrée et captivante du monde, soutenue par l'incessant désir de vivre, d'agir et d'apprendre. (Eglal Errera - Le Monde du 8 novembre 2012)

Un mot de l'auteur

«Je m'appelle Tobie Nathan... En vérité, je suis né après ma naissance. La France, mon pays, j'y suis arrivé un peu tard, en 1958 - comme de Gaulle au pouvoir - déjà âgé de dix ans, déjà fabriqué, pour ainsi dire. Les Français sortaient de la guerre ; nous sortions d'Égypte, arrivés tout droit de l'antiquité.» Extrait de Ethno-Roman
«Roman d'initiation» j'y relate ma formation - je veux dire : ce qui m'a constitué. On y trouve mes ancêtres, mes années d'enfance et de jeunesse, mes inconduites adolescentes et mes galères de jeune homme et aussi mes maîtres. Mon maître, devrais-je dire, puisque j'ai eu la chance et la douleur d'avoir un maître : Georges Devereux.
Une constante tout au long, une passion pour la différence. Je voudrais faire ressentir au lecteur qu'une démocratie véritable permet l'expression de toutes les différences, perçues comme des distinctions.

Tobie Nathan

Biographie de l'auteur

Tobie Nathan, professeur des Universités, écrivain et diplomate, a publié une trentaine de livres de psychopathologie et d'anthropologie, ainsi que six romans. Il revient ici sur son parcours qu'il débute, comme il se doit, au tout débuts du XVème siècle.

‹  Retourner à l'aperçu du produit