Une évocation de la vie, toute simple, sans fioriture, bien plus parlante et émouvante qu'une pseudo-parabole bourrée d'effets spéciaux.
Les *personnages* sont tous plus attachants les uns que les autres : l'irrésistible Jojo est sans conteste la star du film, celui dont la caméra arrive difficilement à se détacher, tant il est mignon. Mais il n'y a pas que lui ! Même si les élèves ne sont pas tous traités avec la même égalité (filmiquement parlant), ils sont tous terriblement attendrissants, car montrés tels quels, avec pudeur et respect. Autant de bouilles et d'attitudes qui font sourire, voire rire et aussi, qui émeuvent. Car voir un enfant pleurer est émouvant.
On suit donc ces enfants au travail, dans la neige, en sortie nature, à la découverte du collège... mais également, pour certains, dans leur contexte familial. On rit bien souvent, mais jamais d'un rire moqueur ou méprisant car le film est extrêmement empathique.
Et puis qui ne se reconnaîtra pas dans ces moues, ces soupirs et sourires... ?
Surtout, parmi ces enfants de tous âges (de 4 à 11-12 ans) évolue Georges Lopez, le "maître". L'air sévère, rigoureux et "classique" - comme il l'expliqua lui-même à Nicolas Philibert avant le tournage -, d'un charisme incontestable. Grâce au décalage entre son aspect strict et l'humanité qu'il révèle au cours du film, il n'en devient que plus attachant. Ses yeux pétillent indubitablement de passion au contact des enfants.
Patience, tolérance, exigeance... Cet homme est un éloge de la simplicité à lui tout seul.
Lorsque les enfants le quittent, en fin d'année, nos yeux de spectateurs charmés s'embuent, comme les siens devant une année de plus qui s'achève. Les enfants grandiront (que deviendront-ils ??!!), M. Lopez partira à la retraite dans un an.Mais la vie continuera, les saisons défileront immuablement, comme dans ce magnifique film qu'elles rythment au fil d'images contemplatives.