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Un jour, sur le chemin du travail, la police hongroise l’oblige à descendre du bus, et avec ses collègues, il est emmené à Auschwitz d’abord, ensuite à Buchenwald, et puis à Zeitz.
Les phrases sont courtes, le style précis. Le récit se limite à des faits concrets, et si jamais une réaction psychologique est évoquée, elle est accompagnée d’une formule telle que «me semble-t-il», comme si sa véracité ne pouvait être garantie.
Petit à petit, le narrateur s’habitue à l’univers qui est le sien, semble oublier sa vie antérieure, et entre dans la logique des camps. Il se retrouve enfin à l’hôpital de Buchenwald dans un univers presque douillet.
Après sa libération, il ne parvient pas à partager son expérience, même avec des personnes bien disposées à son égard. Les notions d’«enfer» et de «destin» pour lui ne correspondent à rien. «Oui, c’est de cela, du bonheur des camps de concentration, que je devrais parler la prochaine fois, quand on me posera des questions,» conclut-il.
«L’Être sans destin» de Kertész est-il ainsi nommé en souvenir de «L’Homme sans qualités» de Musil? En tout cas, il est difficile de ne pas songer à Kafka en lisant ces pages.
La traduction, autant qu’on puisse en juger sans comparer les deux textes, semble être sans faille.
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