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De son arrestation, à Budapest, à la libération du camp, un adolescent a vécu le cauchemar d'un temps arrêté et répétitif, victime tant de l'horreur concentrationnaire que de l'instinct de survie qui lui fit composer avec l'inacceptable. Parole inaudible avant que ce livre ne la vienne proférer dans toute sa force et ne pose la question de savoir ce qu'il advient, quand il est privé de tout destin, de l'humanité de l'homme.
Imre Kertész ne veut ni témoigner ni "penser" son expérience mais recréer le monde des camps, au fil d'une impitoyable reconstitution immédiate dont la fiction pouvait seule supporter le poids de douleur.
Cette oeuvre dont l'élaboration a requis un inimaginable travail de distanciation et de mémoire dérangera tout autant ceux qui refusent encore de voir en face le fonctionnement du totalitarisme que ceux qui entretiennent le mythe d'un univers concentrationnaire manichéen. Mis au ban de la Hongrie communiste, ignoré par le milieu littéraire à sa parution en 1975, Etre sans destin renaît après la chute du mur. Enfin reconnu, Imre Kertész a, depuis, reçu plusieurs prix prestigieux tant en Hongrie qu'en Allemagne.
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15 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Le Bonheur des camps,
Par David (Dublin Ireland) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Etre sans destin (Poche)
À Budapest, pendant la guerre, un adolescent juif mais sans sentiment religieux particulier, et qui envisage avec un certain détachement ses rapports avec ses parents divorcés et avec sa belle-mère, se voit obligé de quitter le lycée et de travailler dans une raffinerie de pétrole pour subvenir aux besoins des siens lorsque son père part dans un camp de travail. Un jour, sur le chemin du travail, la police hongroise l’oblige à descendre du bus, et avec ses collègues, il est emmené à Auschwitz d’abord, ensuite à Buchenwald, et puis à Zeitz. Les phrases sont courtes, le style précis. Le récit se limite à des faits concrets, et si jamais une réaction psychologique est évoquée, elle est accompagnée d’une formule telle que «me semble-t-il», comme si sa véracité ne pouvait être garantie. Petit à petit, le narrateur s’habitue à l’univers qui est le sien, semble oublier sa vie antérieure, et entre dans la logique des camps. Il se retrouve enfin à l’hôpital de Buchenwald dans un univers presque douillet. Après sa libération, il ne parvient pas à partager son expérience, même avec des personnes bien disposées à son égard. Les notions d’«enfer» et de «destin» pour lui ne correspondent à rien. «Oui, c’est de cela, du bonheur des camps de concentration, que je devrais parler la prochaine fois, quand on me posera des questions,» conclut-il. «L’Être sans destin» de Kertész est-il ainsi nommé en souvenir de «L’Homme sans qualités» de Musil? En tout cas, il est difficile de ne pas songer à Kafka en lisant ces pages. La traduction, autant qu’on puisse en juger sans comparer les deux textes, semble être sans faille. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
13 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
un temoignage bouleversant,
Par Un client
Ce commentaire fait référence à cette édition : Etre sans destin (Poche)
Un texte magnifique, l'histoire d'un jeune garçon qui nous fait entrer à Auschwitz comme des enfants, avec une naïveté epoustouflante. Un texte poignant par son sens de l'humour, par la pertinence de la façon dont il parvient à nous faire entrer tout doucement et comme par hasard dans l'horreur des camps. A ranger à cote de Robert Antelme, de Jorge Semprun, de Charlotte Delbo, de Primo Levi...
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7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Très touchant,
Par Un client
Ce commentaire fait référence à cette édition : Etre sans destin (Poche)
De ses yeux innocents, avec toute la candeur dûe à son âge et à son 'ignorance', ce jeune hongrois nous plonge pas à pas dans cet univers dégoutant qu'est le Camp, comme il l'a découvert et vécu ; Comment il a abandonné tout espoir d'en sortir, comment il a pu y trouver un peu de bonheur pour survivre jusqu'au jour suivant... Un roman émouvant qui mérite bien son Prix Nobel !!!
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