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Europe, N°1021, mai 2014 : Karl Kraus, Alfred Kubin Broché – 5 mai 2014


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Extrait

KARL KRAUS

«LOI ARDENTE» OU «DICTATURE SPIRITUELLE» ?

Dès juillet 1924, Europe consacrait une chronique à Karl Kraus et à Die Fackel («Le Flambeau»), la revue qu'il avait fondée en 1899 à Vienne - cette «station météorologique de la fin du monde» - et qu'il rédigea presque seul jusqu'à sa mort en juin 1936. Deux mois après le décès de l'auteur des Derniers jours de l'humanité, on pouvait lire dans Europe une nécrologie qu'il vaut la peine de citer pour mémoire, tant les traits du profil ne semblent guère avoir jauni.
«C'est un des personnages les plus fantasques de l'Europe qui vient de disparaître à Vienne, le 13 juin 1936, à l'âge de 62 ans. Adoré par une foule de partisans dévoués, honni par la presse et par la littérature officielles, il réunissait en lui l'esprit d'un Don Quichotte réaliste et d'un Cyrano dénué de sentimentalité. Pendant trente-six ans, il a combattu pour tout ce qui lui semblait authentique, contre tout ce qu'il voyait vil et faux. Sous forme d'attaques directes ou de gloses satiriques, les petits cahiers rouges de sa revue Die Fackel lançaient d'incessants défis aux ennemis de ses idées intransigeantes sur la probité humaine. Adversaire fanatique de la guerre, il a su esquiver la vigilance de la censure impériale, en employant des ruses au-dessus de la compréhension des fonctionnaires (juxtaposant, par exemple, un texte de Kant et un discours de Guillaume II, sans commentaire). Mais son succès extérieur le plus éclatant est venu en 1926, quand ses écrits ont réussi à libérer Vienne d'un maître-chanteur dont la position avait paru inébranlable. Refusant toujours de s'inféoder à un parti quelconque, il a combattu l'ancien régime en faveur des socialistes, et il a attaqué ceux-ci à leur tour dès qu'ils eurent prouvé leur insuffisance. Beaucoup de ses amis l'ont accusé de trahison quand il s'est rallié au Gouvernement autrichien actuel ; mais il y voyait le moindre mal, un rempart contre le nazisme qu'il exécrait.»
Maurice Denhof, l'auteur de cet article, évoquait ensuite le style de Kraus, sa perception très fine de la langue allemande et ses talents d'orateur à la voix souple et puissante : «Depuis des années, il a fait, en Europe centrale, des séries de conférences dont le bénéfice était réservé aux oeuvres de charité. La presse viennoise, furieuse de ses railleries et de ses accusations justifiées de corruption, n'annonçait jamais ces soirées, ne mentionnait jamais son nom. La salle n'en était pas moins comble, remplie, comme par enchantement, d'une foule enthousiaste, où la jeunesse formait la majorité. Parfois il organisait des conférences gratuites pour les ouvriers. Ses propres ouvrages occupaient une place de moins en moins importante du programme. Il lisait les pièces de ses auteurs préférés, de Shakespeare, de Goethe, de Nestroy et surtout d'Offenbach, son grand favori, dont il a reconstitué presque toutes les opérettes d'une manière ingénieuse. Sans décor, à la seule aide d'un accompagnateur au piano, cet homme petit, légèrement contrefait, à l'oeil brillant d'une intelligence aiguë, savait évoquer l'essence des pièces qu'il lisait, avec une plasticité bien plus impressionnante que ne le peuvent souvent les mises en scène les plus coûteuses.»
«C'est un lutteur, c'est un passionné, c'est un des personnages les plus fantasques de notre époque qui disparaît», concluait Maurice Denhof, non sans avoir mentionné cette réprobation récurrente à son encontre : «On lui a beaucoup reproché de choisir des futilités comme cibles de sa satire ; il prétendait que c'est le propre de l'écrivain satirique de savoir agrandir les sujets les plus insignifiants par la manière dont il les traite.» C'est un point que Walter Benjamin avait lui aussi évoqué dans son grand article sur Kraus paru en mars 1931 dans la Frankfurter Zeitung : «Kraus voit fondre sur lui toute l'histoire universelle à travers les énormités d'un seul fait divers local, d'une seule phrase, d'une seule petite annonce.»
Benjamin voyait en Karl Kraus une «combinaison d'enfant et d'anthropophage» rassemblant toutes ses énergies pour combattre l'opinion et le langage standardisés. «Il y a du Péguy dans la physionomie littéraire de Kraus» avait observé pour sa part Paul Amann dans Europe en 1924, à une époque où la France ignorait jusqu'au nom de ce puissant «poète et aruspice de la finis Austriae». Ce n'est plus le cas aujourd'hui et c'est dans un contexte assez différent qu'Europe a eu à coeur de consacrer un cahier à cet écrivain aussi actuel qu'intempestif.


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