Happiness, le premier album de ce jeune Français à l’âme sensible, avait déjà charmé par l’incontestable finesse de son instrumentation. C’était en 2005, et, depuis, l’attente était longue… Heureusement, le deuxième album de Sébastien Schuller, joliment appelé
Evenfall, brille de la même élégance sonore.
Le piano du premier morceau,
« Morning Mist », accompagné de la voix aérienne de Schuller, ne permet pas de penser le contraire. Toujours fort de ses multiples influences, il semble ici s’éloigner quelque peu de l’électronique, livrant un folk somptueux et introspectif. Son chant semble s’être affranchi des contraintes et des timidités qui pouvaient encore l’encombrer sur
Happiness. Les dix chansons d’
Evenfall sont d’une qualité égale, toutes empreintes de la poésie des textes de Schuller.
Toutes résonnent de l’interprétation, au plus près des sentiments, qu’il confère à ses morceaux. Tandis que
« Open Organ » magnifie les claviers, la montée en puissance continuelle de
« Balançoire » offre à Schuller la possibilité de se mesurer aux meilleurs crooners que la pop anglo-saxonne peut connaître (on pense à Bryan Ferry ou Thom Yorke).
« Awakening » conte à merveille les réveils à la vie et à autrui.
« Last Time » est une belle démonstration d’un genre ambient maîtrisée.
Enfin, le superbe
« The Border », qui pourrait être signé par Radiohead, est sans doute le morceau qui traduit le plus le virage opéré par Schuller. Subtile, toujours un peu planante, mélancolique, l’instrumentation est au premier plan, contenant les cordes comme les claviers. Il est connu que lorsqu’un premier album est réussi, le suivant a du mal à se mettre au niveau. L’exception confirme ici la règle : Sébastien Schuller, du haut de sa discrétion et de son incroyable dextérité musicale, offre un second album plus réussi encore que le premier.
Sophie Rosemont - Copyright 2013 Music Story