Al Green, chanteur de Memphis, l'une des plus grandes voix de la soul music, est né en 1946. Il a commencé par chanter du gospel en famille (comme souvent chez ces chanteurs-là). En 1969, après quelques premiers essais infructueux, il fait la connaissance de Willie Mitchell, le vice-président des disques 'Hi', qui le prend aussitôt sous contrat. Parvenu à une notoriété conséquente dès 1971, il enchaîne les tubes, essentiellement de formidables ballades soul, qui se vendent à des millions d'exemplaires. En 1974, sa petite amie du moment lui verse une casserole de gruau d'avoine bouillant sur le dos et se suicide aussitôt après. Al Green, qui voit dans cet incident un signe de Dieu, se tourne alors vers le gospel, se fait ordonner pasteur et devient le révérend Al Green. Mitchell et lui se séparent et Green se produit désormais lui-même. Mais le succès n'est plus au rendez-vous. En 1979, il tombe de scène, prend ça pour un deuxième avertissement et n'enregistre dès lors plus que des albums strictement religieux. A partir de la fin des années 80, il revient toutefois lentement à la musique profane, enregistre un duo avec Annie Lennox et même tout un album avec Lyle Lovett ; plus tard, il renoue même avec Willie Mitchell et depuis 2003 enregistre pour 'Blue Note' de splendides disques soul de la meilleure veine dont celui-ci, qui date de 2005.
Douze morceaux : une belle reprise soul de 'You are so beautiful' de Billy Preston/Joe Cocker, les deux purs joyaux que sont 'Nobody but you' et 'All the time', le slow langoureux 'Real love' et son presque pendant 'Perfect to me' et sept plages de rythm'n'blues tranquille font de cet album un autre beau disque soul/rythm'n'blues sur lequel Al Green gémit, souffre et nous entraîne avec lui, grâce à sa voix de velours, dans son univers tout de douceur. Et si le véritable héritier spirituel de l'immense Sam Cooke, c'était lui ?