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9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Une description décevante des moeurs politiques du Second Empire,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Son excellence Eugène Rougon (Poche)
Dernière oeuvre des Rougon-Macquart avant que le triomphe de L'Assommoir ne propulse la série dans une toute autre dimension, Son Excellence Eugène Rougon n'est plus guère lu et il faut bien avouer que le roman figure parmi les plus faibles des Rougon. Cet échec résulte de parti pris revendiqués par Zola (une oeuvre sans drames, sans grandes scènes) mais aussi de son incapacité à représenter et incarner le quotidien du pouvoir politique : hormis la scène inaugurale devant le Corps législatif et le couronnement du prince impérial, le roman se borne à figurer un inlassable défilé de plaideurs venus quémander pistons et passe-droits au ministre Rougon. Alors que c'est un ministre de l'Intérieur que Zola nous dépeint (sous la période autoritaire de l'Empire, qui plus est), c'est un emploi du temps et un mode de vie de conseiller général qui nous est donné à lire. Ajoutons que les disgraces et retour en grâce du ministre sont assez artificiels, tout comme sa relation avec son mauvais génie Clorinde, improbable maîtresse aux traits balzaciens et qui semble étouffer dans le maigre cadre d'expression que lui offre Zola.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Se renier pour régner: l'envers et les dessous de la politique du second Empire,
Par Nastasia Buergo (France) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 50 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Son Excellence Eugène Rougon (Broché)
Après un ouvrage, selon moi, franchement raté (La Faute de l'abbé Mouret) de son cycle, Zola signe avec ce sixième livre de son histoire naturelle et sociale d'une famille sous le second Empire, un roman à la frontière du roman historique et du documentaire. Ici, on peut probablement reprocher à son auteur une trame pas toujours captivante, quoique se lisant sans déplaisir, par contre, cette ½uvre nous imprègne parfaitement des m½urs du milieu politique de l'époque et est donc indispensable à la bonne compréhension de cette période de l'histoire du XIXième siècle. Personnellement, je vous conseille de le lire entre "La Curée" (le n° 2 des Rougon-Macquart) et "L'argent" (le n° 18). Ainsi, vous aurez un panorama assez complet du mode de vie dans les hautes sphères de la société parisienne sous le second Empire.
Émile Zola peint un portrait bicéphale, l'un étant Eugène Rougon, en disgrâce pendant une bonne moitié du roman puis ministre dans la seconde, l'autre étant Clorinde Balbi, alias dans la réalité, celle qui fut surnommée La Castiglione, maîtresse attitrée de l'empereur Napoléon III. On y découvre le travail souterrain ou en sous main réalisé par des éminences grises pour porter leur poulain aux affaires et ainsi récolter les dividendes lorsque le poulain en question, à savoir Rougon, sera aux commandes, puis le trahir dès que la fontaine aux avantages sera tarie et ainsi reporter leur suffrage à un autre poulain providentiel. Zola nous endort un peu dans ce long cheminement mais développe, à mon avis, une démonstration efficace de ce qu'était la haute politique de l'époque (et est-elle très différente de nos jours?). Évidemment, l'auteur ne se prive d'aucune intrigue historique qu'il se contente de condenser sur les seules épaules soit de Rougon, soit de Clorinde. Ces intrigues concernaient en réalité plusieurs personnages influents et étaient peut-être un peu plus espacées dans le temps, mais dans l'ensemble, Zola ne nous ment pas. Mentionnons que c'est dans cet opus que l'auteur donne un vrai visage et fait parler celui par qui tout est arrivé, à savoir Napoléon III lui-même. Tous comptes faits, c'est un portrait étonnamment indulgent pour l'homme politique, présenté comme l'instrument, le pantin en quelque sorte, de ceux qui tirent effectivement les ficelles et sont les vrais cyniques. Rougon est donc sujet aux éloges infondées comme aux trahisons iniques. Le personnage de Delestang me rappelle des politiciens à la Jospin, poussés au pouvoir parce qu'ils n'effraient personne et qu'on peut les man½uvrer facilement. Eugène Rougon, lui, ferait davantage penser à un politicien à la Sarkozy, mis au purgatoire lors de la première élection de Chirac, puis ressorti comme l'homme providentiel au ministère de l'intérieur après les émeutes de 2005. Rougon est présenté, somme toute, comme assez probe mais contraint d'honorer des dettes morales envers ceux qui lui ont déroulé le tapis rouge et ainsi de se renier, à la manière d'un certain président qui fit campagne sur les plates bandes de l'extrême droite puis, une fois élu, fit des ronds de jambe à la gauche tout en octroyant de beaux cadeaux fiscaux à ses amis grands patrons... Comme quoi la morale de ce roman pourrait être: se renier pour régner. En conclusion, un roman pas forcément captivant mais pour le moins intéressant et qui cadre pleinement avec l'un des objectifs du cycle de tracer une sorte d'historiographie de cette période-clé de l'histoire de notre pays. A noter, les commentaires d'Henri Mitterand pour l'édition Folio sont excellents. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
moins bien,
Par bbe77 (france) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Son excellence Eugène Rougon (Poche)
Ayant déjà lu les 5 tomes précédents, je trouve que celui-ci est en-dessous des autres. Même si l'intérêt historique est incontestable, l'intrigue ne m'a guère emballé mais j'ai quand même lu ce livre sans déplaisir.
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