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Commentaires client les plus utiles
14 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Un style inimitable,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Féerie pour une autre fois (Poche)
Ce livre se décompose en 2 parties. Dans la première, Féerie pour une autre fois I, Céline expose son isolement dans sa prison au Danemark, sa solitude, sa maladie « du cul », les problèmes avec ses « co-détenus », les « hurleurs » qui l'empêchent de se reposer. Tout cela entrecoupé de ses hallucinations, de sa paranoïa galopante, de ses délires de persécutions habituels. Puis suit une description de l'ambiance de la Butte Montmartre des années 40 avec sa rencontre avec Jules (inspiré par Gen Paul), personnage haut en couleur, artiste peintre/sculpteur « obsédé » par la gente féminine, complètement « halluciné » par Céline. Dans la seconde partie, Féerie pour une autre fois II (ou Normance), le « scénario » tient sur un timbre-poste : Paris subi un bombardement en 44, Paris est à feu et à sang, l'immeuble, où se trouve Céline, Lili sa femme et le chat Bébert, menace de s'effondrer d'une minute à l'autre ; ils essayent d'en sortir avec les autres habitants (en descendant l'escalier). Cette seule nuit de bombardement est décrite sur près de 400 pages ; l'action quasiment nulle est soutenue par les délires, les hallucinations, les exagérations et le style de Céline. J'avais toujours lu que c'était (Normance) le livre le plus difficile à lire de Céline (car soutenu QUE par le style) ; eh bien, j'ai englouti sans trop de difficulté ces 400 pages de purs délires céliniens, mais ai moins aimé la première partie (Féerie pour une autre fois I), que j'ai trouvé bizarrement plus confuse. Roman(s) pour célinien (« célinophile » ?!) averti !A noter : Emile Brami défend la « thèse » que les jurons du Capitaine Haddock (Céline, Hergé et l'affaire Haddock, Éditions Écriture) serraient inspirés des insultes de Céline, serraient d'origine célinienne ; en lisant Féerie, il est très facile de trouver cela pertinent... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
12 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Jekyll prend le dessus sur Hyde,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Féerie pour une autre fois (Poche)
Ça y est! Le point de non retour est franchi! Les frontières entre auteur et narrateur et personnage sont définitivement brouillés à l'extrême. Impossible maintenant de distinguer ces trois entités, caractéristique que l'on retrouvera dans les œuvres suivantes.Céline devient enfin Céline serait-on tenté de dire : l'entité célinienne prend définitivement sa forme pour ne plus la quitter ni dans la vie, dans l'œuvre romanesque. Plus de Bardamu, plus de Destouches, un homme personnage narrateur écrivain de la déchéance pour ne former qu'un seul être uni, qui englobe tous les autres. Encore plus loin dans le style fragmenté et haché, fatalement encore plus dur d'accès. Pour l'apprécier pleinement, une connaissance biographique de l'auteur est en effet requise. La portée autobiographique est bien plus accentuée que dans les romans précédents. Ce n'est définitivement pas le livre à lire à la plage pour se reposer. C'est un livre à lire au sens plein du terme. Le lecteur doit être actif et doit faire des efforts pour apprécier ce moment. Ce n'est personnellement pas mon préféré, mais il demeure un incontournable pour qui s'intéresse à Céline. Il ne fera pas des sceptiques des aficionados! J'aime surtout le retenir comme un prélude à D'un château l'autre, apogée de l'entité célinienne unie dans la tourmente, toujours plus loin dans la déchéance, qui continue sans relâche à creuser et sa tombe et celle des lettres françaises! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
"Rigolade first !",
Par
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Féerie pour une autre fois (Poche)
Poilade avant tout, même sous les bombes. Conçu par l'auteur de Mort à crédit depuis son exil danois (1945-1951), Féerie pour une autre fois (633 pages en collection Folio) est le récit homérique d'un fantastique écroulement.Céline, qui dit avoir toute une usine dans la tête (ses acouphènes mais aussi ses trouvailles, ses histoires...), nous vend ses souvenirs : « Corniauds ! c'est pour bouffer, moi et mes bêtes ! moi qu'aimerait tant être anonyme... » Traînant « cette réputation germaneuse, « collaborante », mortelle » que lui valurent ses « frasques patriotiques idiotes », il se voit durablement pourchassé par la meute des « bibicistes » et des « emmureurs ». Dans un continuum à la Joyce, il évoque la prison (« Oh ! c'est méditatoire le gniouf !... »), taquine l'acteur Robert Le Vigan (Norbert, dans Féerie), règle son compte au peintre Gen Paul (Jules), qui l'aurait cocufié et traité publiquement de boche, et raconte de façon absolument hallucinante une nuit de bombardement sur Paris - le bombardement des Batignolles, le 21 avril 1944, avait fait 642 morts -, dans la vision délirante d'un monde littéralement sens dessus dessous, comme dans un tableau où tout chavire : « Cieux à l'envers, fleuves bouillants, métros dans les nuages, tcétéra ! » « Et le soleil errant d'ouest en est ! » S'il parvient à ne pas décrocher, tant le texte de Féerie pour une autre fois (mots retriturés, phrases dynamitées) s'avère parfois difficile à suivre, le lecteur ne pourra qu'être sidéré par cette longue divagation qui est aussi une véritable prouesse linguistique. « Et comment ! » Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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