L'intrigue de "Fablehaven" est précise et juste parfaite. C'est un conte vraiment captivant. Les héros sont des jeunes gens sympathiques, auprès desquels les lecteurs pourront facilement s'identifier. Leur aventure nous offre un condensé de magie, d'action, de poésie, de danger et de solidarité, nous sommes un instant dans une caverne, échappant à une ogresse, ou soudainement dans un beau jardin avec des fleurs et des fées. On y trouve tous types de créatures, des trolls avares, des fées narcissiques et jalouses, des sorcières fourbes, des naïades, des satyrs, des brownies (non, ce ne sont pas des gâteaux), en fait Fablehaven demande une vigilance constante car des êtres maléfiques complotent et attendent le moindre faux pas pour briser les règles et s'échapper dans la nature pour faire règner leurs noirs desseins.
Bien évidemment, Seth va commettre un petit impair qui va semer la zizanie. (J'ai particulièrement été agacée par ce personnage, mais il faut croire que ses impertinences étaient nécessaires pour "débloquer" l'intrigue.)
Je me suis mise à rêver, un bref instant, de l'univers shakespearien (Midsummer Night's dream) avec ses fées et ses créatures enchanteresses, sauf que l'extravagance féérique est ici vite écartée. L'histoire de Fablehaven nous emporte vers un fantastique royaume où le coeur palpite, les forces magiques (et maléfiques) gagnent en puissance, les deux adolescents sont seuls contre tous, ils doivent sauver leur famille, sauver Fablehaven et, pour ainsi dire, sauver le monde ! (Un semblant de tension dramatique est toujours nécessaire dans ce genre de lecture.) C'est un très bon livre, le premier titre d'une série de cinq tomes (avec traduction rapprochée, nous assure-t-on), et qui trouve une issue claire et définitive dans chaque volume, pour mieux soulager nos nerfs en pelote.