Présentation de l'éditeur
Déjà remarqué par la critique internationale pour plusieurs travaux (notamment Life Below, 2004, une traversée en noir et blanc du métro new-yorkais), Christophe Agou, né en 1969 à Montbrison (Loire), petite commune située au pied des monts du Forez, quitte la France en 1992 pour sinstaller à New York. Cet exil précoce et volontaire, cette soif dimmersion dans un monde tout autre, est à limage de loeuvre que Christophe Agou développe depuis une vingtaine dannées : une exploration empirique et intuitive dunivers, de situations, dêtres, quil appréhende par imprégnations progressives et dont il ne rend compte quau moment où il se sent entré en résonance intime avec eux. Adepte de la sentence rimbaldienne Je est un autre, Agou semble habité par la seule mais entêtante quête des formes multiples et mouvantes de laltérité. Passant avec une égale
aisance du noir et blanc à la couleur, du paysage au portrait, du reportage au document, il ne privilégie aucun style, veillant à renouveler sans cesse les formes et les conditions de sa propre vision. Durant lhiver 2002, Christophe Agou revient dans sa région du Forez et parcourt ces âpres territoires dont il na rien oublié. Il y fait la connaissance de familles dagriculteurs dont il devient un proche, au fil des visites régulières et des échanges épistolaires. Face au silence, fruit de huit années de rencontres et de partage, ne constitue en rien un document ou un reportage sur une certaine forme de ruralité dans la France de ce début de siècle. Les seuils des fermes que Christophe Agou franchit pour nous souvrent sur des visages dhommes et de femmes qui forcent le respect et incitent à une méditation solitaire. A la manière dune chronique rythmée par de saisissants bien quimmobiles travellings, la matière et la texture quotidienne des vies, des travaux, des éléments se donnent ici à voir dans une réalité presque organique. Journal intime et singulier dexistences gouvernées par les nécessités du labeur et le poids des saisons, Face au silence, par la puissance contenue et empathique de sa vision, parvient à nous congédier de notre posture de spectateur pour nous faire appartenir, le temps dun livre, à une communauté de destins.
aisance du noir et blanc à la couleur, du paysage au portrait, du reportage au document, il ne privilégie aucun style, veillant à renouveler sans cesse les formes et les conditions de sa propre vision. Durant lhiver 2002, Christophe Agou revient dans sa région du Forez et parcourt ces âpres territoires dont il na rien oublié. Il y fait la connaissance de familles dagriculteurs dont il devient un proche, au fil des visites régulières et des échanges épistolaires. Face au silence, fruit de huit années de rencontres et de partage, ne constitue en rien un document ou un reportage sur une certaine forme de ruralité dans la France de ce début de siècle. Les seuils des fermes que Christophe Agou franchit pour nous souvrent sur des visages dhommes et de femmes qui forcent le respect et incitent à une méditation solitaire. A la manière dune chronique rythmée par de saisissants bien quimmobiles travellings, la matière et la texture quotidienne des vies, des travaux, des éléments se donnent ici à voir dans une réalité presque organique. Journal intime et singulier dexistences gouvernées par les nécessités du labeur et le poids des saisons, Face au silence, par la puissance contenue et empathique de sa vision, parvient à nous congédier de notre posture de spectateur pour nous faire appartenir, le temps dun livre, à une communauté de destins.