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La Face cachée des GI'S : Les viols commis par des soldats américains en France, en Angleterre et en Allemange pendant la Seconde Guerre mondiale
 
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La Face cachée des GI'S : Les viols commis par des soldats américains en France, en Angleterre et en Allemange pendant la Seconde Guerre mondiale [Broché]

J. Robert Lilly
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Descriptions du produit

Présentation de l'éditeur

L'image du valeureux GI propagée après la Seconde Guerre mondiale est trop belle pour être vraie. La participation de " la plus glorieuse génération qu'aucune société ait jamais engendrée " à la victoire de 1945 se double en effet d'une odieuse face cachée, l'un des comportements les moins héroïques et les plus brutaux dont un soldat puisse se rendre coupable : le viol.
À partir d'archives des tribunaux militaires américains inexploitées depuis plus de soixante ans, J. Robert Lilly estime que, entre 1942 et 1945, environ 17 000 femmes et enfants auraient été victimes de viols commis par des soldats américains en Angleterre, en France et en Allemagne. Pièces à l'appui, il dresse la typologie de ces viols, explique leur déroulement, fait le portrait des violeurs et de leurs victimes et donne à entendre leur voix, ainsi que celle des procureurs et des avocats. Il cherche enfin à comprendre pourquoi les schémas de viols, mais aussi les sanctions militaires, ne furent pas les mêmes d'un pays à l'autre.

Quatrième de couverture

L'image du valeureux GI propagée après la Seconde Guerre mondiale est trop belle pour être vraie. La participation de « la plus glorieuse génération qu'aucune société ait jamais engendrée » à la victoire de 1945 se double en effet d'une odieuse face cachée, l'un des comportements les moins héroïques et les plus brutaux dont un soldat puisse se rendre coupable : le viol.
À partir d'archives des tribunaux militaires américains inexploitées depuis plus de soixante ans, J. Robert Lilly estime que, entre 1942 et 1945, environ 17 000 femmes et enfants auraient été victimes de viols commis par des soldats américains en Angleterre, en France et en Allemagne.
Pièces à l'appui, il dresse la typologie de ces viols, explique leur déroulement, fait le portrait des violeurs et de leurs victimes et donne à entendre leur voix, ainsi que celle des procureurs et des avocats. Il cherche enfin à comprendre pourquoi les schémas de viols, mais aussi les sanctions militaires, ne furent pas les mêmes d'un pays à l'autre.

Détails sur le produit

  • Broché: 371 pages
  • Editeur : Payot (18 mai 2004)
  • Collection : Payot Histoire
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2228897558
  • ISBN-13: 978-2228897556
  • Moyenne des commentaires client : 3.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (1 commentaire client)
  • Classement des meilleures ventes d'Amazon: 392.369 en Livres (Voir les 100 premiers en Livres)
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3.0 étoiles sur 5 LA FACE CACHÉE DES GI'S, 26 septembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Face cachée des GI'S : Les viols commis par des soldats américains en France, en Angleterre et en Allemange pendant la Seconde Guerre mondiale (Broché)
Les viols commis par les soldats américains au Royaume-Uni,
en France et en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale (1942-1945)
Note de lecture

Le bilan humain de toutes les guerres ne peut se réduire aux seules pertes et blessures directement dues aux combats et, selon l'expression aujourd'hui consacrée, aux dégâts collatéraux, puisqu'il faut aussi prendre en compte leurs inévitables lots d'atrocités. Comme, par exemple, les actes de torture dont se sont récemment rendus coupables des soldats américains, britanniques et danois en Irak. (1) Appliquant cette exigence d'exhaustivité au champ historique de la Seconde Guerre mondiale, J. Robert Lilly, professeur de sociologie et de criminologie à la Northern Kentucky University, a étudié les viols commis par des militaires américains, successivement au Royaume-Uni, en France et en Allemagne, à partir des «archives officielles des procès en cour martiale contre les soldats américains en Europe» (p. 78), des documents dignes de foi qui éclairent crûment la face cachée de certains GI's. (2)

Fait remarquable, l'édition originale de ce livre proposé au public francophone n'est parue ni aux États-Unis, ni nulle part ailleurs ! A la lecture de ses intentions, l'auteur ne porte pas l'entière responsabilité de cette anomalie éditoriale. De fait, le but de Robert Lilly «n'est pas de réviser ou d'altérer l'histoire des principaux aspects - politiques, idéologiques, militaires, culturels - de la Seconde Guerre mondiale. L'objectif de [son] livre est plus étroit, peut-être même plus petit : mettre en lumière un chapitre largement négligé des comportements répréhensibles des soldats américains au Royaume-Uni, en France et en Allemagne.» (p. 43)

«Le 11 septembre 2001, puis l'engagement militaire américain rendent difficile (...) une telle publication aux États-Unis» (p. 19), suggère en guise d'explication Fabrice Virgili, le chargé de recherches à l'Institut d'Histoire du Temps Présent qui signe la préface. «Sans doute était-il préférable», ajoute-t-il prudemment, «de publier dans un premier temps la traduction française de ce travail avant de publier l'édition originale outre-Atlantique». (p. 19) Si l'on voulait suivre ce raisonnement optimiste qui entrevoit la possibilité d'une prochaine publication aux États-Unis, il faudrait pouvoir faire abstraction de la censure. Or, elle existe ! (3) De plus, s'il fallait attendre la fin de la guerre contre le terrorisme - tout l'annonce longue -, le lecteur américain ne serait pas près de lire l'ouvrage de Robert Lilly dans sa propre langue. En tout cas, même s'il s'exprime allusivement, Fabrice Virgili a fondamentalement raison : c'est l'instrumentalisation, en pleine commémoration du soixantième anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, de l'image des valeureux GI's, par les faucons de l'administration Bush empêtrés dans leurs guerres en Irak et en Afghanistan, qui explique que «les lecteurs francophones ont donc la primeur de cette recherche.» (p. 19)

Parce qu'elle jette aussi un éclairage direct sur un pan peu connu de l'histoire de la Libération, cette étude originale contribue également, dans une certaine mesure, au dégonflage du mythe qui réduit cette période de la guerre à une succession de scènes de joie et de liesse. (4)

Lever un tabou

Avant d'entrer dans le vif du sujet de la recherche de Robert Lilly, un bref rappel historique peut être nécessaire. Ainsi, bien que la Convention de Genève l'ait interdit en 1949 (5), le viol a encore été longtemps considéré comme «un sujet tabou» (p. 53). C'est la publication en 1975 du livre de la féministe américaine, Susan Brownmiller, Against Our Will - ouvrage de référence aussitôt traduit en français, sous le titre : Le viol - qui déliera les langues. (6) Mais ce n'est qu'en 1993 que l'ONU fera du «viol un crime de guerre». Le premier procès aura lieu «en juin 1996, lorsque le Tribunal pénal international (TPI) de La Haye condamn[era] huit militaires et officiers de police bosno-serbes pour des affaires de viols commis sur des femmes musulmanes durant le conflit bosniaque». (pp. 53-54)

Autre résultat de la levée du tabou, nombre de travaux scientifiques consacrés aux viols et/ou aux viols de guerre ont vu le jour ces dernières années. Un des enseignements majeurs de cette historiographie récente est que toutes les armées comptaient - et comptent encore - des soldats violeurs dans leurs rangs. Les GI's, qui sont au centre de l'étude de Robert Lilly, ne détenaient donc pas le triste apanage des viols commis pendant la Seconde Guerre mondiale. Les soldats britanniques, français et soviétiques n'étaient pas en reste; les militaires allemands - qui s'étaient déjà si tristement illustrés en Belgique durant la Grande Guerre - non plus. (7)

Viols au Royaume-Uni

Le cantonnement, entre janvier 1942 et décembre 1945, de quelque trois millions de soldats américains sur le sol britannique provoquera, même si les États-Unis et le Royaume-Uni étaient alliés et leurs populations respectives anglophones, un choc culturel responsable de l'émergence d'un sentiment anti-américain qui n'échappera pas à la perspicacité d'un observateur tel que George Orwell. Conséquence collatérale de ce long stationnement massif de GI's au Royaume-Uni, trois caractéristiques propres à la culture américaine vont sérieusement perturber les rouages de la société britannique, avant de déranger ceux d'autres pays européens : «le racisme institutionnel de jure» («l'armée était l'une des institutions [américaines] les plus (...) ségrégationnistes»), «le racisme sexuel» («des lois antimétissage interdisa[ie]nt aux Noirs d'avoir des relations sexuelles avec des femmes blanches») et «la justice militaire» (8) («plus rigoureuse et brutale envers les Noirs que la justice civile». (pp. 32-33 et 37-38) Combinés à l'anti-américanisme naissant, les effets négatifs de ces trois importations culturelles américaines auront une incidence réelle sur le type de viols perpétrés par les GI's au Royaume-Uni.

A ceux qui pourraient trouver relativement dérisoires les données chiffrées qu'il a recueillies dans les archives des procès en cour martiale contre les soldats américains en Europe, Robert Lilly rappelle que «le viol est l'un des crimes les plus sous-répertoriés», à tel enseigne que certains spécialistes partent «du principe que seulement 5 % des viols furent enregistrés» (p. 40). S'il voulait se faire une idée plus proche de la réalité, le lecteur devrait donc multiplier les chiffres qui suivent par vingt. Au total des trois pays au centre de la recherche de Robert Lilly, «c'est d'environ 18 000 violeurs qu'il faudrait parler». (p. 40)

Sur les 121 cas de viols ordinaires reconnus au Royaume-Uni (9) - parmi les auteurs desquels on comptait environ deux tiers de violeurs blancs -, seuls 27 ont fait l'objet d'un jugement devant la cour martiale américaine, tout au long d'une période de plus de deux ans se terminant fin 1944. Or, preuve de la partialité de la justice militaire américaine, «la plupart des viols qui furent (...) jugés avaient été commis par des soldats appartenant à des unités noires.» (p. 139-140) Comme, par exemple, l'intendance où étaient cantonnés presque tous les soldats de couleur de l'armée, lesquels représentaient, au total, seulement dix pour cent des effectifs militaires américains. Au terme de ses recherches pour le Royaume Uni, Robert Lilly arrive à la conclusion que les GI's violeurs, qui y sévissaient, commettaient leurs méfaits sexuels et autres violences pouvant aller jusqu'au meurtre, surtout dehors pendant la nuit, le plus souvent en solitaire mais parfois aussi en groupe, généralement sous l'emprise de l'alcool (bière) et presque toujours armés. Malgré les lacunes des archives, il semble que leurs victimes, pour une bonne moitié encore célibataires, «étaient principalement des adolescentes et des femmes d'une vingtaine d'années». (p. 140)

Viols en France

Le débarquement allié en Normandie déclenche un déferlement de soldats américains sur le sol d'un pays ami dont, à la différence des Britanniques, la population ne partage pas la langue, et qui, de surcroît, a enduré jusque-là les affres de l'occupation allemande. Responsables d'une tension, entre militaires et civils, sans commune mesure avec le choc culturel évoqué pour le Royaume-Uni, les «caractéristiques propres» à cette arrivée massive et soudaine de GI's libérateurs en France - et tout particulièrement en Normandie - vont «influencer», au même titre que les effets néfastes des trois éléments de la culture américaine que... Lire la suite ›
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