Présentation de l'éditeur
Les cinq séquences qui constituent Face devant contre - on aimerait les qualifier de " mouvements ", au sens musical du terme, si elles n'obéissaient aussi à une alchimie plus visuelle - relancent en ce début de siècle, contre la simple collection de pièces brèves, le pari d'un seul poème s'affrontant à la prose du monde c'est à dire lui opposant l'ordre étrange d'un paysage versifié. Tirant la leçon de quelques " révolutions " tutélaires (Mallarmé, Reverdy) mais aussi de plus proches aînés (Albiach, Collobert, Tellermann...), Isabelle Garron a construit son ouvrage comme un grand chant contrarié, dont subsisteraient seuls les accords et les accents majeurs. Derrière apparaissent des personnages (la silhouette d'une femme ? d'un récit ?) émergeant d'une nuit sans nom mais traversée d'éclairs, de fulgurances, que la langue seule et le travail prosodique peuvent capter - et disposer de page en page, comme une narration cachée.
D'une grande rigueur formelle, le premier livre d'Isabelle Garron surprendra peut-être dans le contexte poétique d'aujourd'hui, où il vient s'inscrire comme un corps étranger, porteur d'un rythme neuf, d'une lumière insoupçonnée.
D'une grande rigueur formelle, le premier livre d'Isabelle Garron surprendra peut-être dans le contexte poétique d'aujourd'hui, où il vient s'inscrire comme un corps étranger, porteur d'un rythme neuf, d'une lumière insoupçonnée.
L'auteur vu par l'éditeur
Isabelle Garron est née en 1968. Elle a publié plusieurs interventions critiques sur la poésie contemporaine et suscité la réédition de La Lucarne ovale de Pierre Reverdy (Théâtre typographique, 2001) Après deux livres d'artiste aux Cahiers de la Seine, Fac devant contre est le premier recueil qu'elle livre à l'impression.