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Lorsqu'ils sortent, en 1996, "To The Faithfull Departed", les Cranberries sont sur des charbons ardents. Leur album précédent les a catapultés en haut des charts et les Irlandais se doutent que la critique les attend au tournant. Alors, plutôt que de se lamenter sur leur triste sort de pop stars, les Cranberries ventilent leur colère et leur acrimonie tout au long d'un album teigneux, produit par Bruce Fairnbairn (aux manettes pour Aerosmith). Tous les problèmes de société, du plus gros au plus superficiel, se voient exposés ici, avec passion, rage et parfois une dose de naïveté. Dolores O'Riordan halète, minaude, braille ou hulule, parlant de guerre ("Bosnia"), de révoltes passées ("The Rebels") ou s'agaçant de trop d'artifices sur "Hollywood" avec la même conviction. Les fidèles des Cranberries verront un clin d'oeil à "Zombie", en écoutant "Salvation" qui partage avec le premier succès du groupe son rythme lancinant et ses airs de chanson de possédé.
--Ruby Wednesday
Critique
Avec les seize milions d’albums vendus de
No Need to Argue, rien ne semble empêcher les Cranberries de devenir les nouveaux U2. Et pourtant,
To the Faithful Departed est un énorme échec dans leur carrière. Trop rock pour un public qui ne s’y attend pas, peut-être ? Trop militant également (il faut dire que la belle Dolores O’Riordan n’a guère sa langue dans sa poche et qu’elle assène assez violemment ses convictions au fil de
« Salvation » ou
« The Rebels »)? Peut-être un peu des deux.
Très inspiré par les luttes nationalistes (
« Bosnia »,
« War Childs ») l’album est sans conteste l’un des plus sombres de la discographie des Cranberries, mais le public, lui, n’adhère pas à ce brusque changement de ton.
To the Faithful Departed, cependant, n’a en soi rien de honteux. Peut-être était-il alors tout simplement en inédaquation avec les attentes du public.
Benjamin D'Alguerre - Copyright 2012 Music Story