Bien sûr il est possible de lire "Faits II" de Marcel Cohen sans avoir lu au préalable le volume précédent ("Faits").
De même il est possible d'ouvrir chacun de ces livres au hasard et d'entrer dans la courte histoire qui se présente alors comme si le destin l'avait précisément choisie pour vous. Car certains textes touchent si juste, communiquent des émotions si précises que chacun peut se croire en être le destinataire.
Les descriptions commencent très souvent par "Un homme..." et cet homme, j'ai eu l'impression qu'il était mon double. Un double qui sait travailler la langue, choisir les mots, les images, construire les phrases et transmettre en une page ou deux quelque chose de fort, d'intime : un souvenir, un détail. Mélange d'universalité et de singularité. Inactuel et présent au plus près de la vie psychique.
Attention, cette lecture peut sans crier gare vous faire brusquement monter les larmes aux yeux.