Après avoir vu
American Beauty,
Desperate Housewives et quantité d'autres films/séries/livres sur le thème de la famille américaine, j'avoue avoir eu du mal à trouver de l'intérêt à ce livre. Rédigé sans esbrouffe, il n'a rien apporté à ce que j'avais pu découvrir par ailleurs. Après avoir atteint le tiers réglementaire (186 pages en fait sur un peu plus de 500), j'ai abandonné.
C'est l'histoire d'une famille américaine en 1985. Etablie en Californie, chaque membre de la famille cherche une chimère (le profit financier pour le père, la célébrité musicale pour le fils, ces deux personnagse étant par ailleurs ceux qui m'ont le plus marqués). Face à la triste réalité (faillite pour le père, nullité artistique pour le second), chacun plutôt que de faire preuve de courage (en tout cas où j'en suis arrivée) fait plus dans la stratégie de l'autruche.
Le père, une sorte de Jean-Claude Roman, dissimule à sa famille sa catastrophique situation financière et passe son temps sans but, par exemple à s'abrutir devant le groupe de musique de son fils, qui s'il n'est pas bon artistiquement parlant, est très bruyant.
Le fils aîné, adolescent, celui qui rêve de devenir une star de la musique, passe plus de temps à rêvasser plutôt qu'à réviser ses gammes de musique.
La fille se met à sortir avec le premier individu de sexe masculin qui daigne lui accorder son attention.
Le cadet a des goûts vestimentaires étranges, avec une forte prédilection pour le orange.
La mère se cache derrière sa routine de ménagère et ses éternels twinsets couleur pastel plutôt que de poser des questions. Son premier acte de rebellion: elle s'achète un châle en cashemire (cela fonctionne, la famille le remarque et découvre un court instant que la mère a une personnalité et n'est pas un robot ménager). Remarquant que ses enfants, comme de nombreux autres américains, carburent aux Pop-Tart tous les matins (une sorte de gâteau fourré avec de la simili-confiture, le tout garanti 100% artificiel - je me demande par ailleurs si la France sera épargnée encore longtemps par ce produit!), elle leur propose mollement un "grand bol de fraises". L'un d'eux réplique que le Pop-Tart est un fruit, puisque c'est écrit "arôme artificiel de fraise". Elle laisse faire...
Au bout de 186 pages, ce constat déprimant fait de passivité, de lâcheté et qui n'apportait rien à ce que j'ai vu ailleurs a eu raison de moi, j'ai abandonné.
(lu en français)