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Familles, je vous aime : Politique et vie privée à l'âge de la mondialisation [Poche]

Luc Ferry


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Description de l'ouvrage

3 janvier 2008 Litterature (Livre 13494)
Le XXe siècle aura agi comme un acide. À l'instar des statues monumentales de ces dictateurs déchus qu'on voit s'effondrer lourdement dans les images de nos journaux télévisés, les valeurs traditionnelles ont été mises à bas ou ébranlées. Après la déconstruction de la tonalité en musique, de la figuration en peinture, de la chronologie dans le roman, les principes des Lumières et de la République ont eux aussi été déconstruits.
Pourtant, cette déconstruction a accompagné et libéré deux phénomènes inédits, littéralement cruciaux : d'un côté la dépossession démocratique que nous impose la mondialisation, de l'autre l'avènement d'une vie privée dont on verra comment l'histoire de la famille moderne et du mariage d'amour conduit à la sacraliser comme jamais dans les siècles passés. Voilà ce qu'il faut tâcher de comprendre si nous voulons construire ou reconstruire une politique digne de ce nom, une politique qui ne soit pas tout entière réduite au seul pragmatisme.

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Descriptions du produit

Extrait

Extrait de l'avant-propos :

La déculpabilisation de la peur et ses origines

«Familles ! Je vous hais ! Foyers clos; portes fermées ; possessions jalouses du bonheur.»
André Gide, Les Nourritures terrestres

Commençons par un constat banal : la peur, chacun peut s'en rendre compte, est devenue l'une des passions dominantes des sociétés démocratiques.
À vrai dire, nous avons peur de tout : de la vitesse, de l'alcool, du sexe, du tabac, de la côte de boeuf, des délocalisations, des OGM, de l'effet de serre, du poulet, des micro-ondes, du dumping social, de la précarité, de la Turquie, de l'ouverture à l'Europe, de l'extrême droite, des banlieues, de la mondialisation, j'en passe et des meilleures. Chaque année, une nouvelle peur s'ajoute aux anciennes - pour l'an prochain, je parierais volontiers sur les nanotechnologies - de sorte que l'on assiste à une véritable prolifération de l'angoisse. J'avoue, en ce qui me concerne, que j'ai commencé à être inquiet lorsque j'ai vu, en 2003, des organisations de jeunes manifester pour... la défense de leurs retraites ! D'autant plus stupéfiant que le gouvernement auquel j'appartenais n'avait qu'un objectif : les sauver. La chose est d'ailleurs assez simple à comprendre et n'aurait dû échapper à personne : étant donné l'allon­gement de la vie humaine, il fallait bien, pour payer les pensions des anciens, augmenter soit la durée de coti­sation, soit le montant des cotisations, soit les deux, mais, à moins de faire peser intégralement sur les générations futures le poids du financement des seniors, nous étions bien obligés de faire quelque chose. Or ce sont des jeunes, justement, ou du moins leurs organisations supposées représentatives, qui étaient dans la rue...
Par-delà le côté irrationnel de cette réaction, il y avait là, pour quelqu'un qui, comme moi, a commencé ses études en 1968, quelque chose de franchement sidérant. Les étudiants de ma génération auraient sans doute pu manifester à peu près pour tout et n'importe quoi, absurde ou non d'ailleurs - de l'amour libre à la société sans État en passant par le droit à l'oisiveté -, mais quand même pas pour la sauvegarde de leurs retraites. Même en rêve, de l'extrême droite à l'extrême gauche, l'idée n'aurait pu effleurer l'esprit d'un individu de moins de quarante ans. Je ne dis pas que c'était mieux et je n'idéalise en rien les années 1960 : la fascination pour Mao ou Castro n'avait rien de bien malin et, à tout prendre, la jeunesse d'aujourd'hui, gentiment écolo et droit-de-l'hommiste, s'égare plutôt moins que celle de mon époque. Je dis seulement que quelque chose a changé. Et je cherche à comprendre.
Second choc : quand une partie des organisations étu­diantes a décidé de défiler contre le «LMD» - Licence, Master, Doctorat - c'est-à-dire, si l'on traduit en clair le jargon des administrations, contre l'harmonisation des diplômes européens. Cette mesure permet pourtant à tout étudiant désireux de s'ouvrir un peu l'esprit, de commencer, par exemple, ses études à Paris, de les continuer à Rome, à Madrid ou à Berlin pour les terminer à Toulouse s'il le souhaite, sans rien perdre, dans son cursus, du temps passé hors de France. Une formidable chance, donc, qui n'a objectivement que des avantages sans présenter d'inconvénient notable. Le fait est assez rare pour qu'on se demande ce qui pouvait bien motiver, une fois encore, l'hostilité des organisations étudiantes de gauche et d'extrême gauche. Comme toujours lorsqu'on a affaire à une réforme, il y a deux lectures possibles : si l'on est optimiste, on y verra une chance supplémentaire donnée aux jeunes, un nouveau moyen de leur mettre le pied à l'étrier. Si l'on est pessimiste, on s'alarmera devant l'ouverture au grand large, la découverte des différences, les risques encourus dans la confrontation avec l'étranger. Question simple : pourquoi faut-il encore et toujours que ce soit le pessimisme qui l'emporte ?

Biographie de l'auteur

Luc Ferry est philosophe. Il a été, de 2002 à 2004, ministre de la Jeunesse, de l'Éducation nationale et de la Recherche. Ses livres sont traduits dans plus de vingt-cinq pays. Récemment, il a publié Apprendre à vivre : Traité de philosophie à l'usage des jeunes générations (Plon, 2006), Vaincre les peurs : La philosophie comme amour de la sagesse (Odile Jacob, 2006) ou encore Familles, je vous aime : Politique et vie privée à l'âge de la mondialisation (X0, 2007).

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