Roy Ellsworth Harris est né en 1898 à Chandler, Oklahoma (USA). Un gain au jeu permit à son père, agriculteur de son état, d'acheter une petite propriété en Californie, où le garçon grandit dans l'isolement rural de San Gabriel Valley. Roy Harris étudia le piano avec sa mère et, bien qu'ayant suivi des cours à l'Université de Berkeley en Californie, il était pratiquement autodidacte quand, au début des années 1920, il prit des leçons de composition auprès d'Arthur Farwell (1872-1952) et d'Arthur Bliss (1891-1975). Harris vendit ses terres, se mit à son compte comme camionneur-livreur pour une entreprise laitière et, peu à peu, prit contact dans l'Est avec d'autres jeunes compositeurs et, en partie sur les recommandations d'Aaron Copland (1900-1990), il séjourna de 1926 à 1929 à Paris, parmi les nombreux jeunes Américains recevant les leçons musicales de Nadia Boulanger (1887-1979). A la suite d'une grave blessure, il fut obligé de revenir pour un traitement aux Etats-Unis, où il se lia avec Howard Hanson (1896-1981) de l'Eastman School of Music de Rochester, et surtout avec le chef d'orchestre Serge Koussevitsky de l'Orchestre symphonique de Boston, qui lui garantirent l'exécution publique de ses aeuvres de grande envergure. A partir des années 1930, Harris enseigna au Mills College, au Westminster Choir College, à la Juilliard School of Music, dans les collèges et universités de diverses régions des États-Unis, terminant par un long séjour en Californie, d'abord à UCLA et enfin à la California State University de Los Angeles. Parmi ses élèves les plus connus, on peut citer John Donald Robb (1892-1989), John Verrall (1908-2001), William Schuman (1910-1992), Herbert Owen Reed (né en 1910), et Peter Schickele (né en 1935). Il est mort en 1979 à Santa Monica, Californie (USA).
Parmi les oeuvres majeures de Roy Harris, on peut noter une Suite et une Sonate pour piano, une Sonate pour violon et piano, « Soliloque » & Danse » pour alto et piano, un Duo pour violoncelle et piano, trois Quatuors à cordes, un Quintette avec piano, un Concerto pour quatuor à cordes, piano et clarinette, une Fantaisie pour piano et orchestre, un Concerto pour piano amplifié, cuivres, contrebasses et percussions, un Concerto pour violon, un Concerto pour deux pianos, au moins dix-huit Symphonies, dont treize numérotées de 1 à 14, ainsi que plusieurs oeuvres chorales.
Aaron Copland est né en 1900 à Brooklyn, New York (USA). Né dans une famille d'émigrés russes, il étudia le piano dès son plus jeune âge avec les célèbres pianistes Victor Wittgenstein et Clarence Adler. De 1921 à 1924, il suivit l'enseignement de Ricardo Viñes (1875-1943) au Conservatoire américain de Fontainebleau en France. C'est là qu'il rencontra Nadia Boulanger (1887-1979), dont il dira : « Je compris immédiatement que j'avais trouvé mon maître ». De retour aux États-Unis en 1924, il fonda en 1928 les Copland-Sessions Concerts à New York, séries de concerts destinés à promouvoir la jeune musique américaine puis, de 1932 à 1933, dirigea le Festival de musique contemporaine de Yaddo (New York), tout en continuant une carrière de pianiste, de chef d'orchestre et de professeur. En 1938, il accepta d'écrire pour la troupe de Lincoln Kirstein, le « Ballet Caravan » (« New York City Ballet ») un ballet retraçant la vie de Billy the Kid, premier western exprimé en langage musical. Dans les années 1950, il fut l'une des victimes du maccarthisme, et inscrit sur la Liste Noire du cinéma américain ; Copland, qui avait écrit en 1930 des « Variations pour piano » dans un style d'écriture dodécaphonique, s'intéressa alors à nouveau au sérialisme, en prenant « les grandes lignes de la théorie pour les adapter à mes propres besoins » (Copland), et beaucoup d'oeuvres de Copland de cette époque seront marquées par l'écriture sérielle. John Verrall (1908-2001), Paul Bowles (1910-1999), José Pablo Moncayo (1912-1958), Knut Nystedt (né en 1915), Alberto Ginastera (1916-1983), Antonio Estévez (1916-1988), Robert Ward (né en 1917), Juan Orrego-Salas (né en 1919), Halim El-Dabh (né en 1921), Raymond Wilding-White (1922-2001), Elmer Bernstein (1922-2004), Lester Trimble (1923-1986), Yehoshua Lakner (1924-2003), Ben-Zion Orgad (1926-2006), Jacob Druckman (1928-1996), Samuel Adler (né en 1928), Karl Korte (né en 1928), Einojuhani Rautavaara (né en 1928), Charles Strouse (né en 1928), Alvin Lucier (né en 1931), Mario Davidovsky (né en 1934), Richard Wernick (né en 1934), Anthony Iannaccone (né en 1943), Michael Tilson Thomas (né en 1944) et Elliot Goldenthal (né en 1954) comptent au nombre de ses élèves les plus célèbres. Au début des années 1970, Copland sera victime de la maladie d'Alzheimer, et s'arrêtera alors de composer. Il est mort en 1990 à North Tarrytown, New York.
Parmi les oeuvres majeures d'Aaron Copland, on peut noter une « Passacaglia », les « Piano Variations », une Sonate et une « Fantasy » pour piano, une Sonate pour violon et piano, un Duo pour flûte et piano, un Quatuor avec piano, un Concerto pour piano, un Concerto pour clarinette, « Fanfare for the Common Man » pour orchestre à vent et percussions, « Symphonic Ode », « Statements », « El Salón México », « Lincoln Portrait », « Connotations », « Inscape » et « Three Latin American Sketches » pour orchestre, une Symphonie pour orgue et orchestre, une « Dance Symphony », trois autres Symphonies, l'Opéra « The Tender Land », les Ballets « Grogh », « Billy the Kid », « Rodeo », « Appalachian Spring » et « Dance Panels », « Twelve Poems of Emily Dickinson » et « Old American Songs », « Four Motets », ainsi que plusieurs musiques de film.