Critique
Depuis le succès du single
« Dead Disco » en 2004, les Canadiens de Metric n’ont cessé de surprendre par la qualité de leur musique qui semble étrangement pérenne pour un groupe des années 2000.
Explications : ce qui paraissait être un petit coup de maître isolé avec le single précité se confirme depuis sur chaque album (
Live It Out et la réédition de
Grow Up and Blow Away). A ce niveau, cela ne peut pas être de la chance ou un joli plan marketing soutenu par un single efficace: c’est ce qu’on appelle du talent, et un groupe désormais important.
Emmené par le superbe «
Gimme Sympathy », ce Fantasies, quatrième (troisième diront certains, qui ne comptent pas – à tort - le
Grow Up and Blow Away, démo du groupe avant de devenir un album) disque de Metric sonne juste de bout en bout. La voix racée d’Emily Haines, les riffs travaillés et cavaliers de James Shaw, et cette rythmique souvent dansante surfent ici sur un habile mélange entre new wave des années 1980, rock alternatif pure souche et pop atmosphérique… De l’évident
« Gimme Sympathy » au complexe
« Collect Call », en passant par les tubes en puissance que son
« Front Row » ou
« Satellite Mind », Metric livre là un album comme on en entend peu sur une année. Et l’auditeur d’avoir la sensation, à la fin de ce
Fantasies, d’avoir écouté un disque d’un groupe pour qui son art est vital, sincère, travaillé, tout en étant farouchement spontané. Le système Metric a décidément de beaux jours devant lui.
Arnaud De Vaubicourt - Copyright 2012 Music Story
Description du produit
Fantasies a d'évidence bénéficié des enseignements de cette escapade solitaire : Metric y soigne son identité au lieu de sombrer dans la facilité. Attention, ni le son ni l'expression musicale n'ont radicalement changé - cette new wave musclée, entre Blondie et The Rapture, où la voix féminine arbitre les joutes entre claviers et guitares -, mais ils ont gagné en densité, en variété. Là où le quatuor faisait couler un solide bain nostalgique, il casse suffisamment les schémas et les formes (en commençant par le réjouissant Help I'm alive), sans pour autant tourner le dos à la fluidité, pour soutenir notre attention jusqu'au bout. Pas question de génie ici, de cynisme ou d'opportunisme non plus. Juste d'un très bon disque de rock non générique aux mélodies mémorables. On n'en demande parfois pas plus.