Ce tome est le deuxième dans le diptyque des aventures des Fantastic Four par Mark Millar et Brian Hitch. Il fait suite à
Fantastic Four: World's Greatest et comprend les épisodes 562 à 569. Le premier tome ne m'avait guère convaincu car il reposait sur un principe de nouvelle terre dans une dimension parallèle, principe usé jusqu'à la corde et cette variation n'avait rien de novatrice.
Dans ce deuxième tome, il semble au contraire que Millar avait beaucoup d'idées et pas assez de pages. La séquence d'ouverture est un moment d'anthologie dans lequel l'un des 4 Fantastic prononce sa propre oraison funèbre devant son cercueil qui contient son corps. Par la suite, les Fantastic Four (FF) doivent affronter Doctor Doom et il s'avère rapidement que le bon docteur s'agenouille devant le Marquis of Death (un nouveau personnage) qui est la véritable menace qui pèse sur nos héros. Ah oui, et Ben Grimm doit également affronter la perspective de son propre mariage, tandis que Franklin comprend ce qu'a ressenti l'homo erectus devant l'homo sapiens, en constatant les progrès de sa soeur.
Millar et Hitch sont en meilleure forme que pour les 6 épisodes précédents et les idées fusent : une coupe de champagne en amoureux dans le fantasticar, Doctor Doom s'agenouille volontairement devant son maître, les FF passent un noël en Écosse, un membre de la race Uatu est sauvagement assassiné, un mégalodon fait une apparition, Doom devient le maître du monde... Millar n'oublie de faire un clin d'oeil à une autre de ses séries
Marvel 1985 en invitant Clyde Wyncham. Et ce n'est qu'une faible partie des moments coups de poings qui attendent le lecteur.
De son coté, Bryan Hitch assure des illustrations posées dotées d'angle de vue mettant en valeur les mouvements. Son style détaillé et assez réaliste assoit les trouvailles scénaristiques et les coups de théâtre sur une base solide qui fournit au lecteur un ancrage solide.
Mais quelques passages sont étrangement en dessous des autres et sentent la panne d'inspiration du scénariste, le travail bâclé du dessinateur et le manque de vigilance de l'éditeur responsable de la série. Parmi ces séquences, il y a les vacances de Noël en Écosse. La première partie est magnifique même si elle bâtie sur une trame très classique. Les FF arrivent dans un village typique et idyllique qui sert de contraste à leur étrangeté et leur caractère extraordinaire. Et puis la deuxième partie est dépourvue de tout intérêt, elle suit la trame cent fois lu du monstre qui protège le village sans aucun soupçon d'originalité. De son coté Hitch a du lire le scénario trop vite et certaines de ses pages dépeignent des paysages sous la neige, d'autres il règne, le même jour, un joli soleil de printemps. Sur une page tout le monde est en doudoune, la page d'après tout le monde se promène en teeshirt. Et pour être honnête, la fin de l'histoire donne l'impression que Millar a dû faire tenir 6 épisodes en seulement 2.
J'ai trouvé ce tome meilleur et plus intéressant que le précédent, mais plombé par une fin bâclée et par des incohérences indignes de débutant.