2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
2.0 étoiles sur 5
Un dinosaure dans la basse-cour, 15 janvier 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Farm (CD)
Farm est le deuxième album de Dinosaur Jr depuis son retour en fanfare sur le devant de la scène avec sa formation originale. Il est malheureusement aussi peu inspiré que Beyond, son prédecesseur.
La première chanson, Pieces, maintient légèrement l'illusion. Sa saveur rappelle celle des classiques du groupe, pour un peu on se croirait propulsé en 1991, et plein de bonne volonté, on est prêt à revetir une chemise de bucheron et à dodeliner de la tête bêtement.
Les moins attentifs s'y laisseront peut-être prendre, les autres déchanteront rapidement. Du grand Dinosaur Jr, ces morceaux n'en ont que l'apparence.
Ca y ressemble, on pourrait s'y méprendre mais C'est du Dinosaur Jr Zero, un produit sain et inoffensif à destination des consommateurs de musique, soucieux d'entretenir leur fibre nostalgique ou au contraire trop largués ou trop jeunes à l'époque et qui tentent de se raccrocher aux branches.
Cet album a de l'embonpoint et des cheveux blancs : l'urgence et la férocité qui animaient
You're Living All Over Me ou
Bug ont laissé place à une assurance et une efficacité de vieux routards, qui pourrait être tolérable si elle n'était au service de chansons prévisibles de bout en bout, au souffle court, qui dissimulent sous un torrent de vaine virtuosité leur manque confondant d'idées neuves.
Il y a 20 ans Mascis était un vrai slacker, chevelu et sale, qui trainait une réputation d'idiot du village, de branleur avachi au charisme proche du néant.
Fascinés, on s'émerveillait des joyaux pop qu'il nous dévoilait, l'air de s'en foutre royalement, puis qu'il défigurait avec jubilation en les plongeant dans un bain acide de hardcore en fusion.
Aujourd'hui, sans inspiration, le groupe récite avec application mais sans passion les recettes du passé. La voix trainante et éraillée est bien là, le son est sale mais uniforme : l'équilibre autrefois instable entre légèreté mélodique et lourdeur instrumentale a laissé la place a un entre-deux banal et fade, des riffs basiques accompagnant des mélodies simplistes. Aucune urgence ni ferveur ne s'en dégage, on assiste un peu dépité à une démonstration en roue-libre de savoir-faire, la plaie des musiciens.
Ces chansons semblent avoir été fabriquées à la chaine en usine : la tristesse et l'abattement sont les seules émotions qu'elles nous procurent.
Il est bien sûr très difficile de juger de la part de cynisme d'une telle entreprise : à défaut d'avoir encore l'étincelle de génie qui les distinguait de la masse, les membres du groupe font tourner la baraque, à vide, et ne prennent à aucun moment le risque de quitter leur confortable routine pour se mettre un tant soit peu en danger.
Farm fera peut-être le ravissement des fans un peu sourds d'avoir écouté trop forts leurs idoles ou de ceux qui se contentent de bien peu, pour qui un solo verbeux et fondamentalement inutile vaut bien une mélodie.
Les autres rayeront Dinosaur Jr de leur liste de groupes à suivre et délestés, iront découvrir des territoires à l'horizon un peu plus dégagé.
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1 internaute sur 3 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Ca me gratte !, 6 juillet 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Farm (CD)
Il a son style, mais toujours le seul à risquer des riffs inattendues... Accompagné de Murph et de son ex acolyte échappé de SEBADOH... Petite merveille un peu bruitiste, mélancolique quand il faut (comme Get me friends et ses solos concordants), vive la distorsion, vive le roi dinosaur...
En concert à l'Elysée le 9 septembre 2009 !
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