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Le Faux coupable [VHS]
 
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Le Faux coupable [VHS]

Henry Fonda , Vera Miles , Alfred Hitchcock    Cassette vidéo
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Alfred Hitchcock adorait raconter comment son père l'avait à jamais dissuadé d'entreprendre la moindre action illégale en le faisant brièvement enfermer dans une cellule de garde à vue - expérience terrifiante qu'il n'oubliera jamais. Le Faux Coupable rend parfaitement compte de cette expérience traumatisante. C'est une oeuvre unique dans la filmographie du maître, car elle est inspirée de faits réels qui se déroulèrent à New York en janvier 1953. Comme Hitchcock le souligne dans son ténébreux prologue, l'authenticité - jusqu'au nom des personnages et des lieux - était son souci essentiel. L'approche documentariste apporte au film une puissance considérable ; les films noirs étaient encore très en vogue à l'époque du tournage en 1957. Henry Fonda est l'acteur idéal pour incarner ce musicien de club fauché pris pour un truand au moment où il essaie d'encaisser l'argent de l'assurance vie de sa femme pour qu'elle puisse se faire soigner les dents. Vera Miles est tout aussi superbe dans le rôle de la femme qui se démène pour tenter de prouver l'innocence de son mari et qui finit par craquer sous la pression de la fausse accusation. Une minutie particulière est apportée aux détails de l'enquête et sur le désarroi croissant de l'accusé, ce qui donne à l'intrigue une tension extrême, comme à l'accoutumée chez Hitchcock. La réalité dépassant ici la fiction, la scrupuleuse reconstitution des faits réels affaiblit le récit, mais Le Faux Coupable reste une oeuvre fascinante. Pour l'anecdote, Vera Miles, qui allait jouer plus tard dans Psychose, était le premier choix de Hitchcock pour le rôle qu'interpréta Kim Novak dans Sueurs froides. Le réalisateur hurla lorsque, en pleine grossesse, elle refusa d'accepter le rôle qui aurait pu faire d'elle une star. --Jeff Shannon

Synopsis

Il vous est forcément arrivé, un jour ou l'autre, d'être pris pour un autre. Mais imaginez un instant qu'on vous identifie comme étant un assassin. Voilà qui est plus troublant. Surtout quand les jurés vous croient coupable et que votre femme, petit à petit, en perd la raison. Alors que votre univers familier s'écroule, vous ne pouvez que clamer votre innocence. Hélas, personne ne vous croit et vous sentez un parfum de mort flotter autour de vous... Surtout, ne croyez pas une telle méprise impossible !

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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un très grand Hitchcock pas assez connu, 17 décembre 2010
Par 
David Waléra (Reims) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Faux coupable [VHS] (Cassette vidéo)
A voir l'interprétation d'Henry Fonda, on se dit qu'il est dommage qu'il n'ait pas d'avantage tourné avec "Hitch". Sa composition d'homme ordinaire dépassé par des évènements incompréhensibles est absolument parfaite, même meilleure que celles de James Stewart dans le même genre de rôle ("L'homme qui en savait trop", par exemple). L'Homme qui en savait trop
Vera Miles est impressionnante dans son glissement vers la dépression et donne un avant-goût de l'extraordinaire prestation de Tippi Hedren dans "Marnie". Pas de printemps pour Marnie
Hitchcock nous éblouit par sa mise en scène virtuose :
- cadrages des personnages principaux qui suggèrent leur isolement face à ce qui leur échappe totalement, et l'enfermement que leur font subir le regard et le jugement de leurs accusateurs ;
- photographie noir et blanc toute en grisaille, qui accentue le malaise de la situation ;
- musique de Bernard Herrmann en parfaite symbiose avec l'image ;
- aucune scène spectaculaire du genre de "La mort aux trousse" ou "L'homme qui en savait trop", mais un suspense intense qui se nourrit de détails banals de la vie quotidienne, vus sous un angle intriguant ou un éclairage inquiétant.

Hitchcock a ainsi réussit à porter au sommet le suspense psychologique sans grands effets, si ce n'est la scène violente dans laquelle Vera Miles jette une brosse au visage d'Henry Fonda.

Enfin, le réalisateur transcende l'intrigue à un niveau supérieur et inattendu en faisant intervenir la providence divine dans la résolution du quiproquo fatal : c'est suite à la prière du héros, catholique, que le vrai coupable est démasqué. Et le plus fort, c'est que ce "miracle" nous est montré "en direct", tandis que le héros prie : Hitchcock réutilise, mais avec une force magistrale, le vieux procédé de la surimpression progressive du visage du héros sur celui du vrai coupable.
On peut vraiment appliquer ici à Hitchcock les mots de François Mauriac qui disait que le grand don de Bernanos est de "rendre naturel le surnaturel".
Compliment qui convient aussi parfaitement à "La loi du silence" ("I confess") du même "Hitch"... La Loi du silence
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Hitchcock et Le Faux Coupable, 11 septembre 2010
Par 
Nicolas Mesnier-Nature "NMN" "LE DISC... (Besançon, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Faux coupable (DVD)
Le faux coupable (1957) est le 44è film d'Hitchcock, le 21è tourné aux Etats-Unis, entre L'homme qui en savait trop et Sueurs froides.

La place du film dans l'oeuvre complet d'Hitchcock en dit déjà long sur la raison de son relatif purgatoire : entre deux grands films dont un chef-d'oeuvre - Sueurs Froides - il ne pouvait qu'en pâtir. Mais malgré tout, s'il n'a pas leur puissance, il est loin de faire partie des navets.

L'interprétation est très bonne : Henri Fonda parfait, Véra Miles également. D'autres personnages jouent leur propre rôle dans ce film « documentaire » basé sur une histoire vraie. Tel nous le présente Hitchcock lui-même vu dès le prologue en silhouette à contre-jour.

Le titre évoque sans détours une des obsessions du cinéaste : l'innocent faussement inculpé. Mais étrangement, aucun fait probant et indéniable ne peut nous le confirmer. Le « vrai » coupable arrêté à la fin en flagrant délit de tentative de hold-up a-t-il réalisé les autres vols ? Rien ne nous le confirme. La relative ressemblance avec le vrai/faux coupable n'est due qu'à des témoignages s'avérant aussi peu sûrs de la part de témoins à la base de l'erreur judiciaire initiale. Une telle erreur aux conséquences dramatiques ne peut-elle pas se reproduire ? Hitch nous laisse avec ce doute.

Le film est construit en deux parties distinctes ayant pour point commun l'enfermement :
- les détails de l'arrestation et de l'incarcération raconté par le menu débouchant sur
- la liberté conditionnelle précédant un autre emprisonnement, mental celui-là, celui de sa femme Rose.
L'arrière-plan urbain, baigné dans des noirs éclairés par des lumières fantomatiques, l'intérieur des bâtiments (club, logement du faux coupable, prison, tribunal) où planent des lampes à l'éclairage aveuglant et des moyens de transport (train, voiture) donnent au spectateur un sentiment de malaise. La saison choisie - l'hiver - avec ses blancs violents couvrant les rares paysages extérieurs diurnes - et les brumes nocturnes sont symboliques d'un vide et d'une menace entourants.

Dès le premier plan, on sait que le quotidien va se briser : l'entrée du club où travaille H. Fonda est vue en contre-plongée décadrée. Ce plan penché symbolise chez Hitchcock une fêlure, une angoisse, la disparation de repères rassurants. Désormais, tout sera fait pour accuser H. Fonda :
Second soupçon : lorsque la soirée est achevée, en sortant du travail il est vu encadré par deux policiers qui semblent le suivre. Son arrivée à domicile, vue en caméra subjective, nous montre son inquiétante ombre portée complètement découpée par les marches du perron. Lors de la scène chez l'assureur, les multiples barreaux du bureau lui fractionnent le visage. Ce thème des grilles sera présent tout au long du film : sur les habits rayés, les stores, les barreaux des escaliers, ceux du tribunal renforcé par les cannelures des pilastres, les montants des vitres, les murs de brique derrière les fenêtres (au commissariat et en prison), le sommet se trouvant bien entendu dans la scène de la prison : les multiples grilles envahissent plastiquement l'écran.

Certains plans sont très signifiants : les contre-plongées menaçantes (façade de l'hôtel de police), les plongées écrasantes (interrogatoire suivant associé à un travelling ascendant par deux fois lors de l'accusation par les policiers, lors de la prise d'empreintes, lors du départ pour la prison dans les couloirs du commissariat, lors de l'enregistrement arrivé sur place). Dans la cellule, l'oppression est rendue par la musique de B. Hermann et par une caméra objective faisant le tour de la cellule minuscule, renforçant la claustrophobie carcérale (vas-et-viens sur une courte distance, gros plans sur les pieds repris dans la fourgonnette sur ceux des autres détenus). Fait unique chez Hitch, le gros plan montrant la tête d'H. Fonda se met à tourner de plus en plus vite nous donnant littéralement la nausée. Cette défiguration se répète dans l'étonnant plan d'H. Fonda nous le montrant avec un micro en plein milieu du visage lors du passage devant l'identité judiciaire.

L'habituelle suspicion d'Hitchcock envers tout ce qui est officiel, en particulier la justice, éclate ici : les locaux sinistres du commissariat aux murs abimés maculés d'encre sur lesquels pendent des fils électriques (!) entourant symboliquement H. Fonda lors de son interrogatoire, les fonctionnaires procéduriers, les membres du jury, les avocats et les spectateurs désintéressés (un s'en va, l'autre se maquille, un autre dessine, d'autres encore discutent apparemment entre eux de tout autre chose). Les accusateurs sont montrés à moitié dans l'ombre lors de la reconnaissance au poste, scène réitérée pour le « vrai » coupable. Les témoins à décharge sont soit morts soit partis. Pour Hitchcock, le chaos nous entoure.

Ce qu'il y a de plus étonnant c'est que tout se passe sans la moindre violence. Le cynisme règne en maître. Le spectateur ne trouve même pas d'exutoire dans la violence ou la révolte.

A cet enfermement du mari succède celui de sa femme, Rose. Entre les deux, une caution est versée par la famille pour le libérer (= vénalité de la justice). La scène clé est celle de l'avocat de la famille où Vera Miles réussit son passage dans l'autre monde, celui de la folie culpabilisatrice. Ainsi, après avoir détruit l'homme, la société aura détruit la femme. Leurs deux enfants en feront les frais. Succède l'autre scène importante (la seule violente) : Rose envoie une brosse sur son mari et brise le miroir : le visage de Fonda apparaît en deux morceaux...

La nourriture est associée à l'emprisonnement : afin de confondre H. Fonda, les deux policiers l'emmènent chez les commerçants qu'il aurait attaqués : un vendeur de spiritueux et un de sucreries. La vrai coupable est arrêté après avoir demandé du jambon à la commerçante.

Le thème de la religion apparaît fréquemment : d'origine italienne, H. Fonda est croyant et porte sur lui un chapelet. Il lui est pris et rendu au poste de police, il le tient sous la table lors du procès (deux gros plan du Christ en croix), un chromo du Christ est pendu au mur et il prie devant ; on croit à un miracle et à des prières pour le sortir de là (surtout sa mère qui l'incite à demander la force) : en fondu enchaîné apparaît le vrai coupable qui surimprime son visage à H. Fonda...

La fin garde toutefois un espoir car on nous dit que Rose sortira guérie après deux ans de traitement. Mais on sait très bien que leur vie ne sera plus jamais la même.

Autre particularité : ce film ne comporte aucun humour.
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5.0 étoiles sur 5 Hitchcock ***, 14 octobre 2010
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Faux coupable (DVD)
un bon père de famille inculpé pour être coupable de ressembler trop à un braqueur....
Sujet qui pourrait être bateau à ce jour, mais cela préfigure dès sa sortie en 1948, que la société paisible n'est plus aussi certaine de son bon droit...
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