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4.0 étoiles sur 5
Glacial comme de l'acier chirurgical !, 7 mars 2004
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Faux-semblants est l'adaptation d'un roman américain qui met en scène deux jumeaux médecins, dont l'un domine l'autre, tout en lui étant totalement dépendant. Au départ, c'est donc un drame psychologique, dont les thèmes sont notamment la folie, l'amour comme addiction et la sexualité. La narration est implacable : le spectateur assiste au naufrage mental des deux frères Mantle, à l'éviction de leur maîtresse commune et à une fin assez prévisible mais crédible et puissante. On notera quelques scènes d'anthologie comme l'opération avec des instruments adaptés à la physionomie des mutantes ou la remise d'un prix, où l'un des frères se fait passer pour l'autre... On notera également la performance technique consistant à cloner Jeremy Irons, pour lui faire interpréter les deux rôles principaux. Faux-semblants est un excellent chronenberg, aussi dérangeant et aussi "organique" que beaucoup d'autres. Mais là, il y a assez peu de chair et de sang : l'horreur et l'anxiété sont complètement intériorisées et constituent l'univers mental de l'un des frères Mantle. Pas la peine d'en rajouter, donc !
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LES LIENS DU SANG, 19 juillet 2010
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FAUX-SEMBLANTS sort sur les écrans en 1988, et cumule les récompenses à travers le monde. Il reste à ce jour un des films les plus célèbres de son auteur, David Cronenberg. Deux ans plus tôt, avec LA MOUCHE, le canadien signait son premier film majeur, très ancré dans le genre fantastique. Avec FAUX-SEMBLANTS il reste fidèle à ses thèmes (le double, la déchéance, les manipulations génétiques) mais sans avoir recours aux figures classiques du film d'horreur... ce qui en fait sans doute un film encore plus épouvantable !
Autant certains metteurs en scène aiment l'emphase, le lyrisme, les chemins tortueux, la dilatation du temps, autant Crononberg est lui adepte de la rigueur. Le chemin le plus court entre deux points reste la ligne droite ! Après un splendide générique, dont de vieilles gravures amènent le spectateur directement au coeur du sujet, Cronenberg pose sa situation et ses personnages en quelques scènes courtes et explicites. Deux jumeaux, Beverly et Elliot Mantle, qui adolescents, s'intéressent de près à l'intimité féminine, l'étudient, la dissèquent, deviennent logiquement de brillants gynécologues, et n'ont de cesse de perfectionner leur discipline pour la hisser au rang des Beaux Arts. Ces deux là ne forment qu'une seule entité. Mais quand Claire, une patiente, est séduite par Beverly, celui-ci refuse de partager avec son frère...
Comme toujours chez Cronenberg, la mise en scène est fluide, rapide, aucune scène n'est superflue. Il faut aller à l'essentiel, ne filmer que ce qui nourrit l'intrigue et les personnages. Aucune digression. Cronenberg nous distille une mise en scène élégante, aux cadres très étudiés, travellings millimétrés, aux couleurs et lumières accordées (des gris acier, des bleus métalliques, des beiges). L'élégance de la forme ne fait que plus resortir le fond des âmes torturées, les névroses et déviances de ses personnages. Cronenberg insiste sur l'aspect rituel, théâtral, des prestations des deux médecins. Illustration avec cette scène d'intervention, où les champs opératoires, les blouses et calots, éclatent d'un rouge vif (contraste avec la palette du film jusqu'à présent). Beverly se fait habiller, les bras en croix, comme un grand prêtre avec une cérémonie. Posture christique. Car dans leur recherche de perfection, les frères Mantle (notamment Bev) se placent au dessus des hommes. Ils sont des dieux. Pour justifier l'utilisation de nouveaux instruments gynécologiques qui ont blessé une patiente, Beverly dira à son frère : « mais c'est le corps de cette femme qui est une hérésie ! ». Hérésie : qui du point de vue des religieux, n'est pas conforme à l'orthodoxie...
Ce film est l'étude d'une lente descente aux enfers, d'un trio amoureux qui n'aurait pu n'être que graveleux, mais qui tourne à la tragédie. Le lien entre les jumeaux intriguent leurs patientes, et le monde scientifique. Mais aussi le spectateur, qui parfois se demande lui-même qui est qui. Cronenberg entretient ce doute, jusque dans la terrible scène finale. Beverly, l'introverti, le travailleur forcené, s'enfonce dans la dépression, la drogue. Son frère ne peut le laisser dépérir, il en serait la première victime (admirable scène évoquant la séparation de siamois). Elliot n'a qu'un choix : plonger avec son frère vers l'enfer, pour l'aider à remonter, ou pour s'y repaître avec lui... Les deux dernières scènes, muettes, montrant un des deux frères sortant d'un l'immeuble, essayant d'appeler Claire au téléphone, puis rebrousser chemin, et finalement rejoindre sa moitié, est terrifiante.
On ne peut parler de ce film sans s'arrêter sur la prestation de Jeremy Irons. Il est prodigieux. Il interprète les deux rôles Mantle. Cronenberg n'a pas recours aux effets spéciaux pour dédoubler son acteur (aujourd'hui, le numérique permettrait de le faire plus aisément qu'à l'époque), ce qui augmente les contraintes de mise en scène. Chaque posture, chaque gestuelle est étudiée pour que l'acteur et sa doublure puissent jouer ensemble, dans un même plan. Geneviève Bujold est elle aussi admirable, sensuelle et troublante (comme d'habitude...). David Cronenberg a réalisé un film superbe, profond, traumatisant (plus encore j'imagine pour les spectatrices), où le corps, le corps meurtri (Beverly demande à un sculpteur de lui fabriquer ses instruments, pour opérer des « mutantes »), les déviances, les perversions, trouvent encore une large place.
Avec FAUX SEMBLANTS, LA MOUCHE La Mouche, ou ses deux derniers métrages en date A history of violence, Les promesses de l'ombre - Edition Collector David Cronenberg se pose comme un des plus grands auteurs de cinéma de ces vingt dernières années.
PS : c'est sur cette franche comédie, légère, divertissante et poilante, que je prends mes quartiers d'éte !
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Le meilleur Cronenberg, tout simplement..., 13 avril 2010
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Qui n'a jamais cherché à comprendre ce que pouvait ressentir un couple de jumeaux? Quelles conséquences pourraient découler de leur séparation ?
Faux-semblants, c'est le portrait de deux frères qui depuis tout petits ont toujours tout partagé.Deux frères jumeaux que rien ne semble différencier si ce n'est leurs caractères respectifs.Brillants gynécologues, Beverly et Elliot Mantle partagent absolument tout, allant même jusqu'à se "prêter" leurs conquêtes féminines.Elliot lui est plutôt un mondain, il côtoie la jet-set et semble très à l'aise en société.Beverly est plus discret, introverti même, et reste chez eux à remplir des documents administratifs et étudie de nouvelles améliorations qui pourraient leur être profitables dans leur profession.Vis à vis des femme, ce dernier semble être très mal à l'aise et le jeu auquel il se prête avec son frère lorsque celui-ci partage avec lui les femmes qui passent dans son lit lui donne l'occasion parfois de fréquenter le beau sexe.
Un jour, l'actrice Claire Niveau (interprétée par Geneviève Bujold) entre dans le cabinet d'Elliot pour une simple consultation et alors ce dernier découvre chez elle une particularité génétique: Claire possède un triple utérus.Elliot s'empressera d'en parler à son frère qui ne semblera pas plus que ça s'intéresser au cas de la patiente.Comme à son habitude, Elliot finira dans les bras de Claire Niveau et proposera à Beverly de se faire passer pour lui et d'en profiter à son tour.C'est à partir de ce moment là, que l'engrenage si bien huilé des deux frères va connaître des dératés.Beverly, qui sous l'influence permanente de son frère ne jure que par lui, va tomber amoureux de Claire qui ne se doute toujours pas de l'existence de deux frères.Elle aussi finira par aimer Beverly qu'elle sent fragile alors qu'Elliot, sentant le vent tourner à son désavantage essaiera de persuader que Claire n'est dans la vie de Beverly que par intérêt personnel.
Lentement, mais sûrement, Beverly va se détacher de l'emprise de son frère, et alors qu'il semble enfin pouvoir voler de ses propres ailes, c'est à ce moment là que Claire part pour un tournage long de dix semaines.Beverly va alors plonger littéralement dans une souffrance psychologique insurmontable et son frère parallèlement à ça, et que l'on pensait froid et rigide, se révèle humain tout en restant déséquilibré.....
Alors pour Beverly et elliot débute une lente descente aux enfers.......
David Cronenberg, plus connu pour ses films fantastiques fantasmagoriques mêlant psychologie et horreurs génétiques (Rage, Frissons, Chromosome 3, etc...) surprends avec ce film magnifique sur l'âme humaine et les dérives que peut entraîner l'intrusion d'une tiers personne dans la vie bien réglée d'un couple de jumeaux.On suit avec curiosité les troubles insidieux qui s' opèrent au fil de ces deux heures de projection lors desquelles on partage avec elliot et Beverly (tout deux interprétés par l'impressionnant Jeremy Irons) leur lente agonie.Le film, de façon admirable nous fait découvrir ce que l'âme humaine est capable de supporter mais aussi ses limites.Le film est complexe mais reste tout de même facile à comprendre.Il demande simplement un temps de réflexion qu'il serait dommage de lui refuser tant la mise en scène, la musique et le jeu des acteurs sont époustouflants.
Je me souviens encore de ce que j'ai ressenti lorsque je l'ai vu il y a presque vingt ans.Aujourd'hui, après l'avoir revu pour la seconde fois, j'ai retrouvé les mêmes sensations.Cette envie de me lever et d'applaudir, les larmes aux yeux et l'esprit comme lessivé par trop d'émotions.
Le cinéma est un art, le septième.Et cet art, c'est de faire vivre des expériences ultimes, parfois extrêmes, souvent émouvantes mais toujours, du moins en ce qui concerne les films qui pour moi ont une véritable valeur artistique, certaines expériences tentant à prouver que le cinéma a une âme...
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