Juste un mot ici pour vanter les mérites de Fear Of A Blank Planet, le nouvel album de l'insatiable Steve Wilson et de ses troupes.
Je ne crois pas avoir déjà aimé un Porcupine Tree à ce point, sauf Stupid Dream, et encore sur celui-là aussi je sautais une ou deux pistes.
Aucun risque avec Fear Of A Blank Planet, que je trouve proprement lumineux de bout en bout!
On est pris dans un tourbillon hypnotique, les riffs les plus assassins surgissent parfois sans prévenir au milieu d'un océan de plaisirs auditifs, on nage avec délice et sans fatigue en apercevant au loin quelques ilôts souvenirs tels que Stupid Dream et In Absentia, le Led Zeppelin de No Quarter et le Pink Floyd d'Animals (sur My Ashes et le jamais assez long Anesthetize, où Alex Lifeson de Rush plante aussi un remarquable solo en suspension), le King Crimson de Discipline (logique puisque Robert Fripp est invité sur Way Out Of Here à nous livrer quelques uns de ces fameux cycles d'arpèges), et même le Massive Attack de 100th Window voire le Depeche Mode de Playing The Angel et le Peter Gabriel de Signal To Noise (tous trois sur Sleep Together, ultime plage du voyage). Le Pulp de This Is Hardcore m'a un moment effleuré l'esprit lui aussi, vous voyez à quel niveau on se trouve...
Bref Steve Wilson a réussi un vrai tour de force avec cet album en synthétisant à mon sens ce qu'il avait fait de mieux depuis le début de ses passionnantes aventures musicales : les soubresauts, l'inventivité et les profondes respirations de Porcupine Tree, mais aussi les volutes de No-Man, et l'excellence mélodique de Blackfield, écouter pour s'en convaincre le génial Sentimental qui réunit à lui seul toutes les qualités que je viens d'énoncer.
J'ajoute que cette réussite tient aussi dans l'à-propos confondant des autres membres de Porcupine Tree, notamment le sorcier Richard Barbieri qui réinvente ses claviers à chaque album.
Hats Off, bravo, danke sehr MONSIEUR Wilson & Cie!
A+