En lisant une vie de Beethoven, vous tomberez certainement sur le nom de Ferdinand Ries, son ami, copiste, secrétaire et élève, un peu biographe aussi. En fait, la question qui se pose à l'écoute de cette musique est la suivante : Ries aurait-il existé sans Beethoven ? La difficulté qui se pose à l'auditeur est de faire abstraction tant que faire se peut les symphonies du maître de Bonn afin d'apprécier le mieux possible cette musique gorgée de rythmes, de contrastes, de couleurs. Sans nul doute que, seul, Ries aurait assuré le lien entre les derniers feux symphoniques du XVIIIè et les futures audaces des décennies à venir. Et si le poids de Beethoven n'était si lourd durant les 60 ans suivant sa mort, dans tous les domaines (qui osera se comparer à lui dans la sonate, la symphonie, le concerto et le quatuor ?), on tiendrait là un grand maître de l'orchestre. Toute sa vie, Ries lutta et chercha à se démarquer de son ami : au niveau de la structure formelle surtout, il anticipe sur l'avenir. Que lui manque-t-il pour être totalement génial ? Un peu plus de drame. L'interprétation est excellente, et l'orchestre de chambre de Zürich semble avoir le nombre d'instrumentistes idéal pour cette musique. Les livrets en français sont très instructifs. Prise de son parfaite.