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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
voyage hallucinatoire en 1979,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fin de party (Broché)
le narrateur -un décorateur allemand- et son ami Christopher -une sorte de dandy, rentier et passionné d'architecture "(...)Il était tellement beau. Je me parais de sa personne, de son intelligence, de ses cheveux blonds, ses traits réguliers, ses yeux verts de reptile légèrement oblique, des poils presque blancs de ses bras où la poussière des longs trajets en voiture se prenait et brillait. Il était mon trophée.(...)" p46/47- arrivent à Téhéran dans les derniers jours du règne de Shah, ils vont dans une soirée d'une décadence de fin d'Empire dans une villa raffinée et artistiquement décorée, généreusement fournie en différents alcools et drogues où ils croisent l'étrange roumain Mavrocordato, une sorte de Cassandre/gourou, Christopher chaussé de ses Berluti tombera dans un coma éthylique -"L'homme affalé sur cette banquette n'avait plus rien à voir avec le glorieux Christopher. Le jeune homme doré que tous aimaient, qui savait tout, connaissait tout, l'expert en architecture d'une intelligence sans pareille, le cynique blond, merveilleusement blasé, beau avec excès, mon ami Christopher avait disparu." p67- dont il finira par succomber après un passage "inoubliable" dans un hôpital publique... notre sympathique narrateur un brin décalé après une marche dans une Téhéran très fébrile rencontrera Mavrocordato qui lui conseillera de quitter l'Iran et d'aller tourner autour du mont Kailash qui se trouve malheureusement au Tibet occupé par les Chinois interdit aux étrangers afin de se retrouver lui-même -"-Pourquoi ne voulez-vous pas venir ? -Parce que vous devez être seul à faire ce voyage. Sans quoi, je le crains, il perdrait tout son sens."p118- il s'y rendra avec une paire de Berluti de Christopher au pied, il se ferra arrêter par les Chinois, il se ferra interner dans différentes prisons, devra faire son autocritique face à des juges implacables -"La femme hurlait que j'avais des intérêts de bourgeois capitaliste, qu'en réalité je voulais miner de l'intérieur la République populaire et son peuple à l'aide de mes connaissances linguistiques.(car il parle le mandarin) etc" p160- puis finira dans un camps de rééducation... une sorte de conte qui oppose la déliquescence occidentale mâtinée d'insouciance frivole à un Orient sorti de sa gangue en tuant toute esthétisme décadent, toute beauté, ne se consacrant qu'au "bonheur" du peuple où tout ce qui n'est pas utile doit être supprimer. Une véritable descente en enfer. J'ai bien aimé.
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