À l'issue de
Final Crisis, DC Comics a choisi de lancer 4 miniséries en 6 épisodes dont celle-ci. Les autres sont
Final Crisis Aftermath: Run (plutôt drôle),
Final Crisis Aftermath: Escape et
Final Crisis Aftermath: Ink (en pleine guerrilla urbaine).
Si vous relisez attentivement
Final Crisis, vous vous rappellerez l'apparition d'un groupe de superhéros très mystérieux dans le troisième épisode à bord d'un chariot (wagon) Remis dans le contexte de l'histoire, cette Super Young Team s'apparente à la nouvelle incarnation des Forever People (l'une des séries de Jack Kirby dans
Jack Kirby's Fourth World Omnibus 1).
La Super Young Team se compose de 5 superhéros : Most Excellent SuperBat (MOSEXSBAT), Big Atomic Lantern Boy, Shiny Happy Aquazon, Shy Crazy Lolita Canary et Well-spoken Sonic Lihtning Flash. L'histoire commence alors que leur agent chargé des relations publiques leur fait visiter leur quartier général localisé dans un satellite. À partir de là, les jeunes héros doivent se plier à un certain nombre d'obligations mondaines destinées à accroitre leur popularité et donc leur visibilité médiatique. Même si chacun a sa personnalité, ils sont tous très conscients de l'obligation d'avoir une image publique forte pour être visibles.
Mais entre une émission de téléréalité et un tournage de publicité, ils se demandent s'ils ne devraient pas combattre un supercriminel pour accroître leur crédibilité. Et leur chef, entre 2 twits, est victime d'apparition du fantôme d'un héros disparu. Et leur responsable marketing estime qu'une dissolution de l'équipe augmenterait encore leur notoriété. Mais 2 phénomènes viennent contrarier leur vie de stars en devenir : Sunfire, un héros japonais bedonnant, semble vouloir devenir maître du monde par dépit, et le Japon, leur patrie, semble être enclavé sous un champ de force.
Dès la première page, Joe Casey (le scénariste) attaque très fort : MOSEXSBAT s'exclame "activation de la suspension consentie de l'incrédulité". Le ton est donné, cette histoire est à prendre au second degré. Ces 5 héros ont les dents longues et ils sont très conscients d'eux-mêmes et de leur image. Ils veulent à tout prix être à la pointe de l'air du temps et surtout ne pas paraître obsolètes. Pour autant, il s'agit bien de jeunes adultes qui ont encore beaucoup d'expérience à acquérir pour gagner leur place dans la société, et encore plus dans l'ordre du monde.
Les couvertures des 6 épisodes sont absolument sublimes : elles capturent parfaitement le scintillement de ces héros exsudant le zeitgeist. 3 dessinateurs se partagent les tâches : Chriscross, Eduardo Pansica et André Coelho. Leurs 3 styles sont dans un même registre graphique, il n'y a donc pas de hiatus déconcertant d'un épisode à l'autre. Les utilisations de superpouvoirs s'accompagnent d'effets pyrotechniques qui les mettent bien en valeur. Chaque personnage est facilement reconnaissable et les décors fourmillent de détails. Les illustrations réussissent à créer un univers visuel assez riche pour transcrire le flux d'information et la vitesse avec laquelle les concepts deviennent obsolètes dans ce monde d'apparence.
L'histoire se finit avec MOSEXSBAT qui s'exclame "désactivation de la suspension consentie de l'incrédulité". Joe Casey aura emmené son lecteur dans un monde d'apparence dans lequel de superhéros novices font tout pour maintenir les apparences malgré le peu de supercriminels et le peu de combats en bonne et due forme.