Ce tome regroupe les 6 épisodes de la minisérie du même nom débutée en juin 2009.
Ce n'est plus un secret pour personne : Barry Allen est revenu dans
Final Crisis. Mais ce récit n'était pas très explicite quant au pourquoi et encore moins au comment, "Flash : rebirth" répond à tout. Dans le laboratoire de la police scientifique de Central City, une silhouette surgit, assassine 2 agents, mélange des produits chimiques et est frappée par la foudre. La ville de Central City s'apprête à célébrer une grande fête pour le retour de son héros Flash. La JSA organise également une fête pour le retour de Barry Allen. Les Titans (Wally West, Donna Troy, Raven, etc.) organisent également une réception pour son retour. Et Iris Allen attend son mari pour le dîner. Barry Allen est en retard. Il est en train de papoter avec Hal Jordan (revenu d'entre les morts dans
Green Lantern : Rebirth par les mêmes auteurs) sur les bienfaits de la résurrection. Quant tout à coup Barry Allen ressent un dérangement dans la Force de Vitesse (Speed Force), il court pour assister juste à temps à la réapparition de Savitar (un supercriminel avec une connexion à la Speed Force). Au fur et à mesure de ses recherches sur les raisons des perturbations qui affectent la Speed Force, Barry Allen se souvient des moments clefs de sa vie dont la mort de sa mère, l'emprisonnement de son père et sa première rencontre avec Iris West.
Après avoir ramené Hal Jordan à la vie, Geoff Johns (l'un des 2 architectes en chef de l'univers partagé de DC, avec Grant Morrison) convainc les décideurs de DC Comics que seul Barry Allen peut porter le nom de Flash. D'après Johns, c'est l'arrivée de ce personnage en 1956 qui a été le facteur déclencheur du Silver Age des comics. Pour lui, il doit reprendre sa place au premier rang des superhéros DC. Heureusement Geoff Johns évite le méta-commentaire pour raconter une vraie histoire. Comme à son habitude, ce scénariste sait retranscrire à la perfection la voix du personnage, sa personnalité, ses principaux traits de caractère et sa raison d'être. Barry Allen s'incarne sous les yeux du lecteur et sa prédominance sur les autres versions de Flash devient une évidence. Sa relation avec sa femme n'a rien de simpliste ou de mièvre et son interrogation sur la raison de son retour et sur le sens qu'il doit donner à sa vie n'a rien de misérabiliste ou de nombriliste. Barry Allen est quelqu'un de positif et de constructif ce qui rend ses aventures d'autant plus agréables à lire, en ces temps de réalisme noir et pessimiste. Et puis quel frisson de voir Barry Allen de prendre la tête d'une troupe composée de 6 autres super-coureurs.
Comme pour "Green Lantern : rebirth", le dessinateur est Ethan van Sciver, avec des illustrations plus canalisées. Ce monsieur est un maniaque du dessin de précision avec le détail juste. L'histoire se décompose en 2 types de localisation : le monde réel et le flux de la Speed Force. Dans le mode réel, les détails font merveille pour plonger le lecteur sur les lieux où se déroule l'action, pour une immersion totale et inéluctable. Pour les manifestations de super-vitesse, le style de van Sciver s'appuie sur force craquements d'énergie sous forme d'éclairs divers et variés qui dynamisent chaque course, chaque accélération. Ce choix évite les représentations déjà vu du coureur dans une posture figée avec uniquement des traits de vitesse pour représenter le mouvement. Paradoxalement pour les scènes dans la Speed Force, ce mode de représentation perd tout intérêt et l'absence de décors diminue fortement l'impact visuel. Les metteurs en couleurs (Brian Miller et Alex Sinclair) ont beau étaler ton sur ton de rouge et de jaune, le résultat semble fade et uniforme. Il reste les postures et les visages expressifs pour apprécier l'effort fourni par les héros, mais ça manque d'inventivité dans la représentation.
Alors le retour de héros absent des comics de 1985 (il s'est sacrifié dans
Crisis on Infinite Earths) à 2008 en vaut-il la peine ? Oui, comme pour Green Lantern, Geoff Johns prend soin de rendre cohérent tous les éléments d'une continuité longue et complexe et Ethan van Sciver dépeint un héros bourré d'énergie qui fait plaisir à contempler. Le présent récit est peut être un peu moins plaisant que celui de Green Lantern dans la mesure où il repose sur le concept de la Speed Force (on y adhère ou pas) et sur une forte dose de voyages dans le temps qui ne donnent pas mal à la tête mais qui restent difficiles à gober (n'importe qui peut revenir à tout moment à l'instant fatidique pour changer le cours de l'histoire, même des années après). Mais quel plaisir de voir Barry Allen à la tête des 6 autres super-coureurs pour aller botter le derrière du criminel !
Pour en savoir plus sur le retour de Barry Allen :
Final Crisis &
Rogues Revenge, pour le retour d'un autre super-coureur, consulter
Legion of Three Worlds.