Critique
La couverture aurait dû en prévenir plus d’un : derrière la peinture champêtre du 16
ème siècle se dissimulent des détails qui laissent perplexe, tout comme au delà des harmonies majestueuses se cache un esprit torturé en la personne du chanteur Robin Pecknold.
Les musiciens ont su disséquer les styles de leurs prédécesseurs, régurgitant mélodiquement les plus belles pages de l’histoire du folk et de la pop, empruntant au prog et soft rock au passage, voire au baroque, afin d’offrir des épopées musicales remplies d‘images universelles, la mort bien placée. Cela tient presque du miracle qu’ils aient réussi à développer un style aussi facilement identifiable, la voix chaude de Pecknold n’y étant pas étranger.
« Tiger Mountain Peasant Song » et
« Meadowlarks » démontrent ce que le groupe est capable avec une instrumentation minimale, même si les moments les plus marquants disposent de moyens sonores plus abondants.
« White Winter Hymnal » en est un bel exemple, partant d’un canon pour terminer dans un déluge sonique, tout en faisant la part belle aux sujets macabres. Les variations à l’intérieur d’une même chanson sont nombreuses, comme
« Ragged Wood », démarrant avec une batterie galopante, qui s’efface au profit des chœurs évoquant le morceau précédent. Les influences sont parfois plus marquées, comme sur
« Your Protector » qui rappelle les mélodies les plus troublées de Led Zeppelin.
Un véritable tour de force pour un premier album, une maturité impressionnante qui a logiquement séduit les critiques rock du monde entier, peu fiers de l’élire comme l’une des œuvres les plus marquantes de l’année 2008.
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