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4.0 étoiles sur 5
Voilà un compositeur dont l'exceptionnelle longévité..., 19 mai 2011
...lui permit de développer une activité créatrice durant les trois quarts du XX° Siècle.
Près de soixante-dix ans séparent en effet les première et quatrième symphonies de Paul Le Flem (1881-1984). Achevée en novembre 1972, alors qu'il était nonagénaire, celle-ci est une oeuvre âpre, arrachée à la vieillesse, ultime jalon de cette seconde manière que le musicien breton avait su générer en 1938, au gré d'un virage stylistique vers un langage plus expérimental. Durant l'entre-deux guerres, il s'était surtout employé à Paris comme pédagogue, critique, chef de choeur.
Il avait jadis étudié avec Charles-Marie Widor au Conservatoire, à la Schola Cantorum avec Vincent d'Indy et Albert Roussel, admiré les premières représentations de "Pelléas et Mélisande", rencontré Rimski-Korsakov lors d'un long séjour en Russie en 1902... Tous ces enseignements et fréquentations influencèrent une expression où la richesse debussyste du tissu harmonique pouvait se déployer sur une polyphonie très lisible.
Tels dans cet émouvant et diaphane "Pour les morts" (1919), sorte de cantique panthéiste sans paroles, honorant la mémoire de deux enfants perdus en bas âge : une oeuvre aux couleurs de crépuscule et de vieilles céramiques, puisée à d'ancestrales mannes de la spiritualité celte, pétrie d'un hiératisme digne du "Martyre de Saint Sébastien", et qui évolue finalement vers une sereine consolation.
A l'écoute, on pense à ces poétiques propos de Debussy : « Voici les arbres aux branches remontées vers le firmament, voici les fleurs parfumées qui sourient dans la prairie, voici la terre douce tapissée d'herbes folles... Et insensiblement, les mains prennent des poses d'adoration... Sentir à quels spectacles troublants et souverains la nature convie ses éphémères et tremblants passagers, voilà ce que j'appelle prier. » ( Excelsior, 11 février 1911)
Avec sa Philharmonie rhénane, captée en juin 1987, James Lockhart en respecte le fervent recueillement.
Leur interprétation de la Symphonie n°4 souligne les aspérités du « Modérément animé », où l'on sent quelques concessions aux avant-gardes contemporaines, et dont on saurait traduire les bordées de façon plus rude. De même, on pourrait rendre plus étouffant le climat du mouvement lent. Ceci dit, dans l'état de la discographie, cette méritoire lecture se compare à peu d'autres...
Les sept "Pièces enfantines" sont joliment écrites, plaisantes à entendre, quoiqu'anecdotiques.
Avec le même orchestre, Gilles Nopre complète ce disque par un enregistrement (mai 1993) du "Grand Jardinier de France", partition cinématographique pour petit ensemble instrumental, illustrant un court-métrage de Jean Tedesco. Moindre intérêt.
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