L'esprit du grand Alfred Hitchcock plane sur ce thriller qui, non sans talent, se plait à contrefaire la trame d'Une femme disparaît, l'un des classiques de la période anglaise du maitre du suspense. On y retrouve son goût plus que prononcé pour le huis clos le plus étouffant, mais également son penchant pour la paranoïa, les faux-semblants, la manipulation, et sans doute le point le plus important, les disparitions inexpliquées, avec, au premier plan, l'évanouissement dans la nature (ou plutôt dans un avion, ce qui revient peu ou prou à la même chose au vu de la taille de l'engin, plus proche d'une navette spatiale que d'un banal Boeing 747 !) d'une fillette de six ans en lieu et place de celui d'une vieille gouvernante anglaise. Reste que le n½ud de l'intrigue est fort différent... mais ça, c'est une autre histoire dont nous ne soufflerons mot, suspense oblige.
Les yeux de Jodie sont plus bleus que le ciel. Après trois longues années d'absence (la comédienne n'a rien tourné depuis Panic Room en 2002), Jodie Foster fait son grand retour devant les caméras. Et loin de se reposer sur ses lauriers ou de venir courir le cachet, la belle donne encore une fois une preuve éclatante de son talent ; magistrale dans la tête tourmentée d'une ingénieure brillante (Kyle) coincée dans un avion de ligne qui va mettre à la fois en péril sa santé mentale et la vie de sa petite fille Julia. A supposer que Julia ait effectivement embarqué dans l'avion. Ce qui ne semble pas être l'avis des passagers, persuadés de n'avoir jamais entrevu la silhouette de la gamine... Kyle est-elle folle ? La fillette a-t-elle jamais pénétré dans le zinc ? Autant d'interrogations auxquelles vont se faire une joie de répondre nos deux scénaristes, Peter A. Dowling et Billy Ray, suffisamment habiles pour ne pas griller leurs cartouches trop vite, et surtout, ne pas nous donner envie de descendre en plein vol ! D'ailleurs, à l'exception d'une dernière partie terriblement réchauffée, cette envie ne nous titille même pas l'esprit, l'excellente tenue du casting, la réalisation féline de Robert Schwentke, technicien astucieux qui ballade sa caméra dans les moindres recoins de l'engin avec la grâce d'une cosmonaute, et la montée en puissance du suspense - teinté d'une bonne dose de paranoïa post-11 septembre 2001 - nous invitant à rester les témoins privilégiés de ce plan de vol sans accro... ou presque. Un thriller soigné.
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