En 1989 (when I was younger, so much younger than Today), je lisais dans la presse musicale que cet album était celui du renouveau. Fichtre, diantre !
Si on se remémore les souvenirs douloureux de "Press to Play" ou "Pipes of Peace" (quand à évoquer "Give My regards to Broad Street", je n'y pense même pas : zut, c'est fait !), ça ne devait pas être difficile.
Mais, de toute façon, avant même la sortie du disque, les critiques souvent paresseuses, avaient décidé que ce disque devait marquer le retour de PMcC.
Pourquoi ? D'abord, parce que c'était ce qui figurait dans le dossier de presse. Ensuite, parce qu'ayant décidément du mal à admettre qu'il est un des rares génies musicaux pop-rock, elles préféraient gloser sur l'apport extraordinaire d'Elvis Costello qu'elles présentaient déjà en deus ex-machina. Il est à noter que la même comédie nous sera rejouée des années après (when he's 64) quand les critiques attribueront la qualité de "Chaos...", à son producteur Nigel Godrich qui avait su taper sur les doigts de l'enfant paresseux.
Tout ça est risible.
S'agissant de "Flowers in the dirt", il suffit de se pencher sur les compositions conjointes Mc Cartney et Mc Manus pour s'en convaincre : "My Brave Face" est une bonne chanson, "You want her too" est agréable, mais "Don't be careless love" et "That day is done" sont moyennes (je l'écarte pour les besoins de la démonstration, mais j'adore par contre "Back on my feet" qu'on trouve au hasard de certains bonus).
La vérité, c'est que le rétablissement de Mc Cartney ne tient qu'à lui seul. Un peu vexé de l'insuccès de ses dernières productions, il a décidé de sortir de son marasme et de repartir en tournée. Et comme souvent dans ces cas là, il a tout simplement décidé de se ressaisir. Parce qu'il a ce côté bon élève qui ne supporte pas d'apparaître trop loin sur les photos de classe.
L'album, donc.
Outre My "Brave face" déjà citée (qui fera l'objet d'un clip de promo mettant en vedette la célèbre basse Hofner), le disque recèle d'extraordinaires (enfin, c'est plus ordinaire chez lui) compositions : "We Got married" avec ses accompagnements mariachis et surtout sa guitare tenue par David Gilmour, le délicat et acoustique "Put It there" et "This One" dont les paroles ne figureront pas au panthéon des belles lettres (rime This One/Swan) mais dont la musique elle, est imparable. Le disque contient aussi de très bonnes chansons : "Rough Ride", le rude "Figure Of Eight", "Distractions" et enfin, des titres franchement dispensables : "How Many People" et "Motor of Love".
Ce qui est bien, c'est que les meilleures chansons se suivent. On peut donc arrêter l'écoute à la fin de "This One" et on tient là, un formidable album. Si on continue jusqu'à "That Day is Done", on a un excellent album. Si on va au delà...Mais pourquoi continuer ? 10 chansons suffisent pour un vrai bonheur, non ?