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Parmi tous les albums studio de Joe Satriani, celui-ci est sans doute le plus accessible parce qu'il comporte six morceaux chantés par Joe en personne, alors que le reste de sa production est exclusivement instrumental. Reprenant la recette inaugurée sur
Surfing With The Alien, Joe a désormais choisi son camp : même lorsqu'il fait parler sa guitare, il se garde bien de tomber dans la démonstration inutile qui rebute bon nombre de gens. Misant sur le feeling là où tant de guitaristes se focalisent sur la technique, Joe navigue entre rock et hard rock, ouvrant ainsi une brèche dans laquelle s'engouffreront plus tard une tripotée de spécialistes de la descente de manche en rappel (oeuvrant dans un registre franchement plus hard lorsqu'ils seront lassés d'enchaîner des gammes). Or, malheureusement pour eux, la place est déjà prise - celui qui détrônera Joe Satriani n'est pas encore né.
--Hervé SK Guégano
Critique
On peut raisonnablement comprendre que certains abordent cet album (le troisième) de Joe Satriani avec gousses d’ail et crucifix, tant on y plonge à pieds joints dans le heavy metal virtuose et bien tempéré d’un technicien hors pair.
Mais ceux qui considèrent le guitariste américain comme l’héritier direct de Jimi Hendrix (hum…) ou le père putatif de toute une génération de guitar-heroes, de Steve Vai à Yngwie Malmsteen (là, en revanche…) élèveront
Flying… à hauteur du Sacré Graal.
Il est vrai qu’en dix-huit plages, et plus d’une heure de musique, Satriani démontre qu’il a peu de rival manche en main, qu’il a du goût (pour les ballades, la musique classique, ou le blues), et qu’il aime prendre des risques.
Cet album inaugure en effet sa carrière de vocaliste, et, sans être un chanteur bouleversant, on peut reconnaître à Satriani (qui, comme à l’accoutumée, fait à peu près tout ici, des percussions à la basse, en passant par les claviers, et la programmation) une parfaite adéquation entre sa voix et sa musique (en particulier dans les moments les plus tendres).
Flying… est certes un archétype, mais qui se donne les moyens de séduire tous les publics. Il y est manifestement parvenu, atteignant la vingt-troisième position des charts américains, entraîné par pas moins de quatre singles :
« Big Bad Moon », « I Believe », « One Big Rush », et
« Back To Shalla-Bal ».
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story