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Commentaires client les plus utiles
7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
y'a pas d'lézards !,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Flying Lizards / Fourth Wall (CD)
ENFIN ! Réédités, remasterisés avec, pour prime accordée à la patience, titres bonus et sympathique livret ; fini donc de tirer la langue devant les déjà vieilles rééditions japonaises, elles mêmes épuisées mais vendues à prix d'or sous le manteau. Les revoilà enfin, pimpants et, qui plus est, en deux cds pour (à peine) le prix d'un, qui dit mieux ?Disponibles à nouveau les deux albums, parus dans les 80's, des surprenants Flying Lizards, un « faux » groupe, à vrai dire, mais deux foutus bons albums, de ceux qu'on écoute, re-écoute et écoute encore quand d'autres vous tombent des oreilles à peine passée la première écoute. Un « faux » groupe ? Oui, même si certains éléments (visuels et sonores) de preuve, via You Tube (ce cimetière dématérialisé des éléphants musicaux) pourraient accréditer la proposition contraire. Car, somme toute, les Flying Lizards peuvent se résumer à leur portion congrue quoique déterminante, à savoir David Cunningham, gentleman charmeur, producteur, compositeur, multi instrumentiste, fondateur du label discographique Piano, défricheur à l'aube des années 80 (via quelques noirs vynils qui n'auraient pas dépareillé chez son alter ego, Obscure Records, patronné par Brian Eno) de ces chemins de traverse qu'emprunteront, par légions et par la suite, les contempteurs du minimalisme titillé par l'électricité, les dervishes tourneurs de boucles sonores et autres addicts au tripatouillage studio. Quoique avec ces deux disques, les choses soient différentes, nettement plus mainstream, les Flying Lizards étant le projet résolument pop de David Cunningham (et si certains projets ne devraient à jamais rester qu'en l'état, celui-ci reste encore aujourd'hui à la fois coup d'essai et coup de maître). David Cunningham, via ces albums, accède au titre de « Joe Meek des années 80 » tant, mieux encore que celui-ci, David Cunningham y jette dix idées par morceaux (quand d'autres en alignent péniblement une par album, s'empressant alors de la baptiser concept), pratiquant le studio comme tout bon sorcier ses envoûtements mais, à la différence du producteur ayant tyrannisé la pop sixties anglaise, possède ce solide sens de l'humour qui le mettra à l'abri de l'obsession de la réussite commerciale et du succès dans les charts (ce qui n'empêchera pas certains des titres réédités ici d'y faire une entrée fracassante). Du coup, Cunningham s'y permettra tellement tout que ça marche encore du tonnerre des dieux de l'Olympe pop : tachycardie rythmique, piano dérangé, chaeurs déviants et chanteuse désabusée pour une reprise dynamitée du « summertime blues » d'Eddie Cochran, relecture psychotique à Très Grande Vitesse du « Mandelay song » de Kurt Weill et Bertold Brecht (qui n'avait jamais osé pousser aussi loin le curseur de la distanciation), mais aussi pléthore d'originaux superbement décalés, en forme de tubes (titre par ailleurs d'un des morceaux ici présents), traversés d'éclairs rocks, dubs, répétitifs, vignettes proto punks où se bousculent invités iconoclastes : Robert Fripp (guitariste de la dansante League of Gentlemen*, inventeur des discotronics), Gareth Sager (saxophoniste en vacances du féroce Pop Group), Vivien Goldmann (journaliste pigiste chez Adrian Sherwood, shaman du label On U Sound), Patti Palladin (future ex-petite amie du poudré rockeur décadent, Johnny Thunders), Steve Beresford (génial touche à tout au sein d'Alterations et de General Strike), Peter Lawrence Gordon (amusant saxophoniste avant-gardiste new yorkais), Michael Nyman (qui engageait alors avec Peter Greenaway sa carrière d'auteur à succès de partitions pour le cinéma), d'autres moins connus mais tous aussi (im)pertinents. Au moment où l'on décongèle, tous les six mois, les travaux de couture pour dames de LCD Soundsystem aux seules fins mercantiles de la célébration du revival 80's, il devient urgent de revenir aux fondamentaux, ces deux ci par exemple, et remettre les fameuses pendules à l'heure du talent ; et pour ceux qui n'en auraient pas assez après l'achat et l'écoute sans modération de ces deux albums, je ne saurais que trop conseiller leur troisième, « top ten », de 1985, délicieux recueil de reprises passées à la moulinette, ainsi que « the secret dub life of the Flying Lizards », manifeste sonore à faire pâlir d'effroi Lee Scratch Perry himself, sans oublier l'épatant « danger in paradise » de General Strike, formation fétich(ist)e du défunt label Piano, cousine grande bretonne des Flying Lizards et produite par David Cunningham ; puis, ceci fait, il leur restera à se plonger dans l'oeuvre « solo » du maestro... de bien belles heures d'écoute en perspective ! * bon sang, qui va enfin se décider à rééditer le gigantesque album de la League Of Gentlemen ? Qui ? C'est que le temps presse... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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