Après ''Putain'', il était à prévoir que le nouveau livre de Nelly Arcan soit aussi attendu et controversé. Dans ''Folle'', elle parle de la difficile rupture avec son amant français, elle qui est québécoise. Au Québec, on ne parle que de cette ''jeune plume qui a été découverte en France et qui fait maintenant la une des journaux de l'Hexagone''. Elle obtient un succès médiatique instantané pour ''Putain'', mais avec ''Folle'', les amateurs seront déçus. D'abord d'apprendre qu'elle n'a pas changé de cible (elle s'en prend à son amant avec une force et une haine débordantes) et qu'elle parle toujours autant de sexe. Cela dit, le terme ''folle'' est mal approprié. Cette fille-là n'est pas folle, elle est désespérée, à la recherche d'une aide inconnue et qui s'accroche à un amour impossible. Elle souffre d'un mal d'adolescente, que l'on appelle le ''chagrin d'amour''. Mais là où la folie débute et empiète sur le quotidien, c'est cet incroyable désir de ne pas lâcher sa proie, de se remmémorer les instants douloureux, jusqu'à la mort. Malgré sa plume remarquable, Nelly Arcan ne réinvente pas le roman, et use la recette de son premier roman avec un effet moins aride mais extrêmement tragique.