Passé les quelques minutes de "Zero" (instrumentale qui ouvre l'album) et de sa timide montée en puissance, le moins qu'on puisse dire c'est qu'on ne s'attends pas à ce qui va suivre.
BLAM ! "Farewell to words" s'abat comme une chape de plomb dans les oreilles de l'auditeur, ça crie, ça hurle sur un malestrom de guitares énervées. Pour tout dire, c'en est presque effrayant à la première écoute. Mais la vrai claque est encore à venir... au beau milieu de ce chaos organisé d'une main de maître (faut pas croire qu'ils jouent n'importe comment, bien au contraire), des accalmies, un chant posé (presque parlé), des passages musicaux plus caractéristique du "Post-rock" que du "Hardcore" sous le signe duquel l'album se plaçait jusqu'alors. Des envolées lyriques d'une puissance toujours à la limite de l'effrayant (sublime montée en puissance du dernier morceau "Your Shoes And The World To Come"), et toujours cette voix, ce chant (en japonais, mais les paroles sont traduites en anglais dans le livret) où chaque mot hurlé semble être plus "souffert" qu'"émit"...
Il parraît que ça s'appelle du "Post-Hardcore" ou encore du "Screamo", mais les mots ne semblent pas être en mesure de définir ce condensé presque indigeste de souffrance.
Ça s'appelle "Envy", et il est impossible que ça vous laisse indemne... chaque nouvelle écoute ancrant un peu plus profondément cet album dans votre âme, vous le faisant apprécier un peu plus.
Certes, il reste des "imperfections", certaines pistes qui sont moins bonnes que d'autres, certaines écoutes (surtout les premières) qui sont plus pénibles que d'autres... mais une oeuvre pareille mérite ses 5 étoiles, ne serait-ce que parce qu'elle est si sincère et touchante.