Revue de presse
Hiroshi Hirata, fidele à ses thèmes de prédilection, nous relate ici l’histoire de gens souvent subalternes qui se sont montrés remarquables par leur générosité, leur bon sens ou leur abnégation en 11 histoires courtes d’un ton mi-documenté, mi-romancé.
Le style du dessin est remarquablement détaillé pour dépeindre le mode de vie des seigneurs comme celui des gens du peuple, mais loin de rester rigidement épuré, de temps à autres Hirata s’offre le plaisir de quelques caricatures et de ressort comiques (comme les portraits des 3 prévôts de justice dans la 3ème histoire ou les samourais tombant à la renverse de leur position en tailleur sous le coup de nouvelles bouleversantes.)
Hirata se met lui-même également en scène pour expliquer le contexte dans lequel il a écrit telle ou telle histoire ou pour dialoguer avec un des personnages de son histoire.
La dernière histoire du volume est plus ancienne de 30 ans environ et offre un style fort différent du reste du volume, laissant place à un style très estampé mais non moins maitrisé dans la richesse des vêtements ou des décors extérieurs.
Les histoires en elles-mêmes se veulent distrayante, quoiqu’édifiantes en faisant l’apologie de toutes les vertus nécessaires à un japonais engagé sur la voie du bushido, voulant vivre dans l’honneur, au service de la communauté. Mais on remarque aussi que la plupart des personnalités choisies ont su transgresser les prérogatives de leur condition pour améliorer leur environnement ou la vie de leurs semblables.
L’édition de très bonne qualité offre pour la première fois en français des pages intérieures en couleurs qui sont exprimées à l’aquarelle ou à l’huile de façon très chaleureuse. Cette édition française reprend une nouvelle version d’un manga sorti en 1993 complétée de la dernière histoire datant de 1961. Les pages éditée en couleur ne sont d’ailleurs pas les mêmes que dans l’édition de 1993.
Hiroshi Hirata reste pour les japonais la mémoire des valeurs qui ont fait de cet archipel une puissance économique dans le monde.
néun11septembre (Critique de www.manga-news.com )
Biographie de l'auteur
Victime des bombardements, sa famille part s'installer à Nara où son père ouvre une boutique de pompe à eau. Hiroshi a six frères et sœurs et doit souvent sacrifier ses après-midi de classe pour aider son père au magasin. À l'époque, le manga ne l'intéresse pas encore mais il participe déjà au journal de son collège et voue une grande admiration aux illustrations des romans historiques, particulièrement celles de Kiyoshi Kimata.
Il n'a que 17 ans lorsque, à la mort de son père, il doit abandonner ses études pour subvenir aux besoins de sa famille. Il commence alors à travailler dans une entreprise d'équipement. Grâce à un ami du collège, il publie sa première histoire en 1958 Le Sabre tueur d'amour et de haine (Aizô-hissatsuken) dans la revue Mazô des Éditions Hinomaru-Bunko. La collaboration se révélant fructueuse, il fait paraître six autres histoires dans le magazine.
Fin des années 50, un libraire l'incite à lire "Endiguement de Horeki" qui raconte l'histoire du fief de Satsuma. Intrigué par cet épisode de l'histoire du Japon, il approfondit ses recherches et fréquente librairies et bibliothèques pour étoffer ses connaissances sur l'histoire du Japon. En 1965, il part pour Tokyo à la recherche de travail. À cette époque, il édite des nouvelles des romanciers Renzaburô Shibata et Norio Nanjô. Trois livres paraissent : "Zatoichi", "Histoire de Nisha" (Nisha-den) et "Rivière du Sang" (Chishio-gawa). Fin des années 1960, le gekiga est à la mode au Japon et deux de ses publications, "Misère de la voie du samouraï" (Bushidô muzan den) et "Ecole de sabre kanzashi" (kanzashi kenpô) remportent un grand succès.
Au début des années 1970, la carrière de Hiroshi Hirata prend un tournant décisif. Il devient l'incontournable auteur de gekiga, spécialiste de l'histoire du Japon et des samouraïs. Il commence notamment la série L'âme des samouraïs en 1969, Épouse à vie en 1972 et Prêteur de vie en 1973. Au début de l'année 1973, il voit deux de ses histoires édités en livres reliés et destinés à la vente : "L'âme du Kyudo" et "Prêteur de vie". C'est dans ce même mouvement qu'il s'atèle à une nouvelle série, "Satsuma Gishiden" en 1977 (série qu'il achève en 1982).
En 1978. il voit son œuvre exposée au Comic Convention de Saint Diego aux États-Unis Son travail sur "Satsuma gishiden" l'épuise et en 1983, il décide de faire une pause. Après une année de pause pendant laquelle il exerce le métier d'électricien, il commence une nouvelle série "36 stratégies de Kuroda". Depuis 1983, il ne cesse de travailler sur de nouveaux projets, il signe son autobiographie en 1990, "Histoire d'un père", et pousuit aujourd'hui son métier de gekiga-ka avec "36 stratégies de Kuroda" et "Le Nouveau prêteur de vie". Hiroshi Hirata est également un maître calligraphe reconnu.
(source akata.fr)