Habile et bienveillant, il dure et on l'aime bien, François Hollande. Le journaliste Serge Raffy nous raconte, en 394 pages et 18 chapitres, son « itinéraire secret » : l'histoire d'une ambition cachée, longtemps contrariée mais immarcescible.
Tous ne le savent pas, Hollande n'est pas né à gauche. Fils d'un médecin affairiste, qui s'était engagé à la droite de la droite. Son grand-père l'a initié à la bourse. Première communion à Rouen, scolarisé dans un collège catholique, avant d'atterrir au lycée Pasteur de Neuilly, avec pour camarades de récréation Christian Clavier, Michel Blanc, Thierry Lhermitte et Gérard Jugnot.
On entre dans son jardin secret (l'enfance, la famille, Ségolène, Valérie), mais pas trop. Quelques péripéties de ses relations avec DSK sont dévoilées. Autrement, surtout du connu. La fiscalité est son dada, mais rien sur sa maison de Mougins, qui lui valut un temps quelques échos désagréables. Il n'aime pas les romans. Rien sur le conflit israélo-palestinien. Il écrit à l'encre bleue. Rien sur le cumul des mandats. Son tailleur se prénomme Mustapha. Mais rien sur les montres de Juju (Dray).
Le propos n'est pas de s'attarder sur les sujets qui fâchent, ni de se lancer dans la géopolitique planétaire. S'enchaînent les anecdotes, dans une succession de formules journalistiques à l'emporte-pièce ("Remettre en selle de vieux canassons", c'est rigolo, non ?). Rapide et enlevé, sur un ton familier, sans grand respect pour les vieilles huiles de la rue de Solférino (Jospin, c'est "le Frisé"...), et parfois limite vulgaire, l'opus fait la part belle à la petite tactique politicienne. Sa visée promotionnelle est manifeste. Finalement, on s'ennuie un peu.