Critique
C’est peu de dire que
Frances the Mute (qui devait initialement s’intituler
Sarcophagus, ce qui ne nous avance pas à grand-chose) déconcerte et encore davantage en 2005, où l’on a quelque peu perdu coutume des productions hors balisage.
Il s’agit bien d’un disque unique, qui offre une succession étonnante de passages incandescents (fleurant les racines des deux leaders, grandis au rock violent et âpre de At the Drive-In) et d’instants immobiles, nourris de rock progressif et psychédélique, d’interludes instrumentaux anxiogènes et de chants espagnols faussement guillerets. Et de grenouilles portoricaines.
C’est avec sans doute un semblant d’espièglerie (on le leur souhaite) que les musiciens offrent alors une guitare inspiré de l’album
Meddle du Pink Floyd, des sonorités plus acoustiques, puis un long moment de grunge rageur et une conclusion en apothéose funk – le tout dans la même chanson. Et les chansons qui s’enchaînent toutes, offrant des sommets de ballade, de heavy music, de mystère, et d’ésotérisme.
Précisons enfin que l’album a bénéficié (
sic) d’au moins quatre éditions différentes et que la chanson
« France the Mute », donnant son titre à l’ensemble et sensée expliciter l’entièreté du projet, ne figure que dans le pressage japonais.
Frances the Mute (l’album) reste en tout état de cause comme l’un des grands albums inventifs et déstabilisants de l’année 2008. Il s’est classé en première position des classements de vente norvégiens et en quatrième place des charts américains.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story