Plus loin, plus haut. Alors que De-loused In The Comatorium combinait rock hendrixien, digressions psychédéliques et samples electro, ce nouvel album de Mars Volta détruit systématiquement le schéma couplet-refrain sur des morceaux avoisinant le quart d'heure. Forts de toutes leurs influences musicales et plus largement, artistiques, Frances The Mute joue la carte du surréalisme. Cedric, le chanteur, arbore bien un éléphant de Dali tatoué sur son bras gauche. La galerie de photos présentées dans le livret va dans ce sens : conducteurs masqués, miroir réfléchissant un autre sujet, arbre improbable. Les paroles sont du même tonneau, mélangées cette fois entre Espagnol et Anglais : l'influence principale serait un journal intime trouvé par un ancien membre du groupe décédé depuis. Et que dire des titres ? Douze plages, alors que la liste en propose six, découpés en sous-parties comme à la grande époque du progressif. Enfin Flea et John Frusciante font encore partie des crédits. Frusicante fait deux solos et Flea joue... de la trompette. Aucune surprise finalement lorsque sur L'Via L'Vasquez on passe d'un riff groovy à de la salsa classique, ou qu'un long passage ethéré débouche sur un déluge sonique, la voix montant toujours plus haut. Parfaite continuité de De-loused In The Comatorium, ce Frances The Mute possède le même pouvoir d'attraction. Une fois dedans, difficile d'écouter autre chose : ce mélange des genres est unique même si les habitués de Cedric et Omar s'y retrouveront.