Frank Martin est né en 1890 à Genève (Suisse). Avant même de débuter l'école, il jouait déjà du piano, maîtrisait l'improvisation et, à 9 ans, il composa des chants complets, sans avoir reçu aucune instruction musicale. Il étudia les mathématiques et la physique à l'Université de Genève pendant deux ans, tout en travaillant à la composition et en étudiant le piano avec Joseph Lauber (1864-1952). De 1918 à 1926, il vécut à Zurich, à Rome et à Paris. En 1926, il fonda la Société de Musique de Chambre de Genève, qu'il dirigea en tant que pianiste et claveciniste pendant 10 ans ; durant cette période, il enseigna aussi la theorie musicale et l'improvisation à l'institut Jaques-Dalcroze, et la musique de chambre au Conservatoire de Genève. Pour trouver plus de temps pour ses compositions qu'il ne le pouvait en Suisse, il partit aux Pays-Bas en 1946, s'installa finalement à Naarden, mais, de 1950 à 1957, il enseigna néanmoins la composition au Staatliche Hochschule für Musik à Cologne (Allemagne). Par la suite, il renonça complètement à l'enseignement, et se concentra exclusivement sur ses compositions. Il est mort en 1974 à Naarden. Parmi ses oeuvres majeures, on peut noter huit Préludes pour piano, « Quatre pièces brèves » pour guitare, deux Sonates pour violon et piano, le « Trio sur des mélodies populaires irlandaises » pour piano, violon et violoncelle, un Quatuor à cordes, la « Pavane couleur du temps » pour deux violons, alto et deux violoncelles, les « Six monologues de Jedermann », un Concerto pour sept instruments à vent, timpani, percussion et orchestre à cordes, « Polyptique » pour violon et deux petits orchestres de chambre, une Ballade pour saxophone, cordes, piano et percussion, un Concerto pour violon, un Concerto pour violoncelle, une « Petite symphonie concertante », les Etudes symphoniques « Les quatre éléments », une Symphonie, « Les Dithyrambes » pour soli, choeur et orchestre, l'Oratorio profane « Le vin herbé », les Oratorios « In Terra Pax » et « Golgotha », une Messe pour double choeur, un Requiem, ou bien encore « Der Cornet », cycle de Mélodies d'après Rainer Maria Rilke.
Olivier Messiaen est né à Avignon en 1908. Fils de Pierre Messiaen et de la poétesse Cécile Sauvage, il fut profondément influencé par les poèmes de sa mère. A l'époque de la première Guerre mondiale, il acquiert une foi catholique qui ne le quittera plus. Il entre, à l'âge de 11 ans, au Conservatoire de Paris, pour étudier le piano et les percussions, puis l'orgue et la composition. Il a notamment comme professeurs Charles-Marie Widor (1844-1937), Maurice Emmanuel (1862-1938), qui lui fait découvrir les anciens rythmes grecs et les modes exotiques, Paul Dukas (1865-1935) et Marcel Dupré (1886-1971). Il devient organiste à l'église de la Trinité à Paris à l'âge de 22 ans et, de 1936 à 1939, il enseigne à l'École normale de musique de Paris et à la Schola Cantorum. En compagnie d'André Jolivet (1905-1974), d'Yves Baudrier (1906-1988) et de Jean-Yves Daniel-Lesur (1908-2002), il créa « Jeune France », groupe de compositeurs destiné à promouvoir la musique nouvelle. Fait prisonnier en 1940, il compose durant sa réclusion son « Quatuor pour la fin du Temps », dont la première est donnée dans le camp le 15 janvier 1941 par un groupe de musiciens prisonniers, la partie du piano étant jouée par le compositeur. Libéré en mars 1941, il retourne enseigner à Paris, où il devient professeur au Conservatoire. Il compte parmi ses élèves Yannis Xenakis (1922-2001), Marius Constant (1925-2004), Pierre Boulez (né en 1925), Antoine Duhamel (né en 1925), Betsy Jolas (née en 1926), François-Bernard Mâche (né en 1935), Gilbert Amy (né en 1936), Paul Mefano (né en 1937), Alain Louvier (né en 1945), Gérard Grisey (1946-1998), Jean-Louis Florentz (1947-2004), Tristan Murail (né en 1947), Kent Nagano (né en 1951), Philippe Fénelon (né en 1952), Alain Mabit (né en 1953) et George Benjamin (né en 1960). Il est mort en 1992 à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine). « L'Ascension » pour orchestre, le « Quatuor pour la fin du Temps » pour violon, clarinette, violoncelle et piano, les « Visions de l'Amen » pour deux pianos, les « Trois petites Liturgies de la présence divine » pour choeur de voix de femmes, piano, ondes Martenot et orchestre, les « Vingt regards sur l'Enfant Jésus » pour piano, la « Turangalîla-Symphonie » pour piano, ondes Martenot et orchestre, la « Messe de la Pentecôte », le « Livre d'orgue », les « Oiseaux exotiques » pour piano et petit orchestre, le « Catalogue d'oiseaux » pour piano, « Sept Haïkaï » pour piano et petit orchestre, « Couleurs de la Cité céleste » pour piano, ensemble à vent et percussions, « Et exspecto resurrectionem mortuorum » pour orchestre, « Des canyons aux étoiles... » pour piano et orchestre, l'Opéra « Saint François d'Assise », « Le Livre du Saint-Sacrement » pour orgue, et « Éclairs sur l'Au-Delà... » pour orchestre sont, dans l'ordre de leur composition, quelques unes de ses oeuvres majeures, qui font d'Olivier Messiaen l'un des plus grands compositeurs du vingtième siècle.