Voici la version haute-définition du chef d'œuvre de Mel Brooks.
L'image est splendide et se hisse au rang des grandes réussites en la matière, à savoir le transfert en HD des films anciens. Car celui-ci date de 1974.
Les bonus sont pléthoriques et sont quasiment tous sous-titrés en français (le film est également disponible en VF). On y trouve notamment de nombreuses scènes inédites, le commentaire audio de Mel Brooks, Le Making Of et un reportage sur la création du monstre, des interviews (où l'on prend conscience que le film doit beaucoup à l'acteur Gene Wilder), la piste musique séparée et encore bien d'autres choses, l'essentiel également remastérisé en HD, achevant de faire de cette sortie blu-ray une version ultime.
"Frankenstein Junior" est LA parodie des films horrifiques de la Universal des années 30. Le film, axé sur le personnage du petit fils de Frankenstein, qui dans un premier temps refuse l'héritage de son aïeul pour finalement succomber à sa véritable nature, éblouit par sa plastique, parvenant à reconstituer l'esthétique des films qu'il cite : le fameux noir et blanc issu de l'expressionnisme allemand, les décors brumeux de la Transylvanie légendaire, les coups de tonnerre et les toiles d'araignées, le château hautement gothique des Carpates, tout y est ! Et dans un cinémascope somptueux, magnifié par le parti-pris esthétique.
A plusieurs reprises, Mel Brooks et Gene Wilder (acteur, scénariste et co-réalisateur de film, manifestement à l'origine du projet et complètement possédé par son script) reprennent des scènes des grands classiques de James Whale :
Frankenstein (1931) et
La fiancée de Frankenstein (1935), qu'ils revisitent à leur façon, sachant les rendre drôles tout en marquant bien la référence. Le spectateur connaissant ses classiques remarquera l'hommage dans une sorte de révérence autant du point de vue de la forme que du fond, transformant l'horreur originale des films cités (qui ne faisaient déjà plus peur, à l'époque de "Frankenstein Junior") en situations comiques, avec candeur et tendresse. La scène de la petite fille, ou celle de l'aveugle, sont autant de preuves de la faculté de ces cinéastes à revisiter leurs classiques de manière cohérente et originale, le tout saupoudré d'une verve comique qui possède sa voix propre. A l'arrivée, le film est, définitivement, plus qu'un pastiche, une déclaration d'amour au genre horrifique des années 30.
Pour le coup, le scénario nous gratifie de gags pince-sans-rire dans le plus pur esprit "Mel Brooksien", certains étant devenu cultes (le cheval qui hennit au son de "Frau Blucker !", Gene Wilder qui crie sans cesse "mon nom est Fronkenstine !" histoire de réfuter son ascendance, le repas servi au monstre par le vieil aveugle -Gene Hackman, non crédité au générique !-, Wilder qui imite l'actrice Fay Wray dans King Kong, etc.). C'est très gras et on peut ne pas aimer. Personnellement, j'adore. Et sachant qu'il s'agit là du meilleur film de Mel Brooks, on passera forcément un bon moment en compagnie de sa troupe d'acteurs fétiches.
Dans un genre très proche, je conseillerais également "
Le Grand Frisson", qui reprend à peu-près le même casting que "Frankenstein Junior" et qui parodie avec la même verve, les grands classiques d'Alfred Hitchcock.