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Commentaires client les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Question de société sur un rythme nonchalant,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Freak Angels, tome 2 (Cartonné)
Ce tome fait suite à FreakAngels 1 qu'il faut avoir lu avant. Il regroupe plusieurs semaines de parution du webcomics gratuit du même nom.La vie nonchalante des Freakangels suit son cours dans Whitechapel, quartier de Londres, à demi-immergé après le grand cataclysme d'il y a 6 ans. Jack vient de terminer une sortie en bateau pour récupérer ce qui peut l'être et il retrouve Sirkka qui a donné congé à ses serviteurs. KK et Carolyn (ou Caz) papotent autour d'un alcool maison, sur l'avenir potentiel de leur petite communauté (environ 300 personnes). Connor continue de renseigner son journal, tout en indiquant à Kirk qu'il est temps qu'il aille relever Alice. Karl convoque une assemblée générale des Freakangels. Arkady expérimente avec son pouvoir. Et Miki assure les fonctions de médecin de la communauté. Une nouvelle attaque armée contre la communauté va contraindre les Freakangels à l'action. La prépublication en webcomics dicte une mise en page un peu particulière (la même que pour le premier tome) : 2 lignes comprenant chacune 2 cases, parfois fusionnées en 1 seule, et quelques pleines pages. Paul Duffield n'a donc que peu de marge de manoeuvre pour varier les compositions des pages. Par contre, il conserve une approche plus européenne qu'américaine de l'illustration. Duffield fait montre d'une grande sensibilité à l'architecture des bâtiments. Les personnages ne se promènent jamais au milieu d'immeubles tous semblables, ou vaguement esquissés. Dès la première page, il installe une grande roue qui ressemble vraiment à son apparence dans la réalité, ainsi que des immeubles londoniens au caractère reconnaissable. Il prête également attention aux revêtements tels que la brique (rendu par la couleur), ou les planchers en bois. Toutefois le style de Duffield trouve ses limites quand il manque de références. Les Freakangels se rassemblent dans une ancienne fonderie et les cloches disposées au hasard d'une grande pièce laissent à penser que Duffield ne sait pas trop à quoi ça ressemble. De même, malgré tous ses efforts, il se retrouve parfois à dessiner une page ou deux de têtes parlantes pour insérer les dialogues nécessaires, sans trouver de solution plus visuelle de mise en scène. Heureusement ces moments sont en nombre limités (2 ou 3). Pour la majeure partie du récit, le charme des illustrations délicates de Duffield opère toujours. Elles sont délicates car il continue à n'utiliser qu'un trait fin toujours de la même épaisseur pour délimiter les formes, tracer leurs contours. Les personnages se reconnaissent aisément car Duffield leur a donné un visage spécifique à chacun, ainsi qu'une tenue vestimentaire élaborée. Duffield réalise lui-même la mise en couleurs (aidé par Alana Yuen). Le début est splendide avec des camaïeux élaborés, sans recourir à des teintes criardes. Mais au fur et à mesure du récit, la palette de couleurs se restreint de plus en plus, devient de plus en plus sombre, pour finir presque sur un gris-vert presque noir qui mange tout (prévoyez une bonne luminosité pour lire). Au fur et à mesure des pages qui se tournent, le lecteur se rend compte que Warren Ellis a placé ses Freakangels au milieu d'une communauté dont ils assurent la survie au jour le jour. Cette survie est assez paisible car ni la nourriture, ni l'eau ne manquent. Chacun peut trouver un logement dans les immeubles désertés, et Miki veille à la santé de chacun. Les besoins primaires des individus sont donc satisfaits sans qu'il y ait beaucoup d'efforts à déployer. Chaque Freakangel assume une fonction simple dans cette société (docteur, jardinier, technicien, etc.) et la question se pose de l'avenir à moyen et à long terme. Ellis écrit une fable sur la société, en rendant des jeunes adultes (23 ans) responsables du devenir de la communauté. Chaque Freakangel représente à la fois un métier avec ses caractéristiques (réduites à une ou deux composantes), mais aussi un caractère psychologique. De fait l'histoire avance lentement parce que chaque Freakangel a droit à son moment en temps que personnage principal, or il faut du temps pour donner de la place à 11 individus différents (Mark, le douzième Freakangel, est toujours exilé). Warren Ellis s'offre une série au rythme de tortue. Les enjeux sont complexes et prennent du temps pour être concrétisés. Il y a 2 scènes d'action brutales et à l'issue définitive qui viennent mettre un peu de désordre. Les illustrations de Paul Duffield charment le lecteur et se marient bien avec cette ambiance un peu feutrée et incidemment funeste. Je suis curieux de savoir dans quel sens Ellis orientera sa série. La jeunesse des Freakangels sera-t-elle un atout ou un défaut pour l'avenir de leur communauté ? À suivre dans Freakangels 3. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Défendre Whitechapel,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Freak Angels, tome 2 (Cartonné)
Le premier volume de la série Freak angels introduisait le nouvel univers post-apocalyptique du scénariste Warren Ellis et de son dessinateur Paul Duffield. On y découvrait un gang de onze jeunes hommes et femmes dotés de pouvoirs extraordinaires qui leur permettaient de recourir à la télépathie ou la télékinésie. Bien que le mystère plane toujours sur le déroulement de la fin du monde et l'inondation de Londres, on apprenait déjà que les Freak Angels y avaient joué un rôle central. C'est par les yeux d'Alice, une nouvelle arrivante, que l'on découvrait le quartier de Whitechapel et ses occupants. Malgré un univers convaincant et une galerie de personnages hauts en couleur, ce premier opus manquait singulièrement d'action et de péripéties. Qu'en est-il du tome deux ?Faisant suite directe au précédent, cet opus raconte la fin de journée et la première nuit d'Alice parmi le gang. Cette fois, les choses sérieuses commencent puisque de mystérieux attaquants assaillent nos héros avec des armes de guerres (mortier, grenade...). Autant dire que l'intrigue prend petit à petit son essor tout en élargissant encore le nombre de protagonistes. On connaissait déjà KK, Caz, Luke, Jack, Sirkka, Karl, Kirk, Arkady et Connor mais Ellis fait entrer en scène Kaitllin et Miki. Encore une fois, ce sont des acteurs aux caractères bien trempés que nous dépeint l'Anglais avec son cynisme habituel. Malgré tout, et ce n'est pas une mince affaire, il arrive à les rendre tous attachants à leur façon et leur donner une véritable personnalité. Mais le c½ur de ce volet réside dans le discours d'Ellis sur la responsabilité. Coupables de la fin du monde, les Freak Angels doivent prendre leurs responsabilités face aux survivants et apprendre à rebâtir. S'ils apparaissent inflexibles à l'encontre des agresseurs, ils font preuve d'une certaine humanité une fois confrontés à la misère. Une façon comme une autre de rappeler que de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités. D'un autre côté, Ellis se sert de cette thématique pour catalyser la progression de son intrigue et pose les dernières bases de l'enjeu du comic book, à savoir la vie en communauté sous le regard d'êtres exceptionnels. Moins trash que Transmetropolitan et moins référencé que Planetary, Freak angels s'affirme néanmoins petit à petit dans l'½uvre de l'Anglais. Il faut également saluer l'excellent travail de Paul Duffield qui fait peu à peu tomber la nuit sur ses planches en assombrissant les scènes, si bien qu'on ne distingue plus que des ombres dans les dernières pages. Les effets qu'il emploie lors des explosions ou lors de l'utilisation des pouvoirs psychiques s'avèrent impressionnants. Duffield s'impose comme un choix des plus judicieux. Pour ce second volume, la série Freak angels prend son envol. Tout en conservant un mode de narration lent et des dialogues ciselés, Warren Ellis fait avancer son intrigue et étoffe son univers. On attend la suite avec une certaine impatience. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
La traque,
Par Ben "http://autre.chose.over-blog.com" (France) - Voir tous mes commentaires (TOP 1000 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Freak Angels, tome 2 (Cartonné)
Si le premier tome était l'introduction à ce nouvel univers élaboré par Warren Ellis, le récit prend ici une forme bien plus palpitante. Présentés sans véritables liens, les douze surhumains vont être contraints ici de collaborer face à une nouvelle menace.Alors que la plupart des Freak Angels se réunissent dans un lieu tenu secret, la fonderie de cloches de Whitechapel, Kirk en poste à la vigie du quartier détecte deux personnes en train d'installer un mortier. Premier tir: direct sur le bâtiment abritant la réunion. La coïncidence étant impossible, les héros partent à la recherche des commanditaires de l'attentat. Alice, désormais intégrée au groupe et étant présente à la réunion, traque également les terroristes. Cet évènement sollicitant tous les Freak Angels est l'occasion, sous la pression, d'avoir une vue d'ensemble des relations qui régissent leur organisation. Points de vue, but ou désirs différents, affinités culturelles, sociales voire sexuelles échafaudent un imbroglio de personnalités complexes. Cette description établie d'une manière aussi claire que rapide, Freak Angels devient instantanément fascinant. Chaque personnage prend de l'ampleur, la série se trouve alors pourvue d'une bonne dizaine de personnages principaux. Warren Ellis prouve à nouveau son incroyable faculté à faire exploser la complexité de ses récits en quelques pages. D'une histoire post-apocalyptique classique, l'auteur façonne lors de ces quelques épisodes un survival intense. Le prétexte classique pour permettre aux personnages de sortir de leurs gonds et révéler leurs caractères enfouis. Cette traque collaborative nocturne va révéler des sentiments enfouis, des frictions, des affinités. Ce déluge devra être mis de côté, la survie de l'organisation étant pour la majorité des héros la priorité absolue. On découvre par la même occasion des capacités et des pouvoirs particuliers chez certains personnages. Utilisés ici de manière honnête, ces dons pourraient par contre devenir destructeur en cas de conflit externe ou interne. Des suspicions de plus ajoutées à certains Freak Angels extrapolant encore la complexité de leurs relations. Si l'intention de Warren Ellis est de donner une suite contemporaine aux Coucous de Midwich de John Wyndham (roman rebaptisé Le Village Des Damnés après ses deux adaptations cinématographiques), on devine ici qu'il inscrit Freak Angels dans la lignée des grands romans anthropologiques et sociologiques tels les classiques Sa Majesté Des Mouches ou Les Garennes de Watership Down. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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