Free s'est séparé en 1970 au terme de l'enregistrement d'Highway. L'année 1971 est consacrée à des desseins personnels, Peace, un power trio, pour Paul Rodgers et Toby pour Andy Fraser, par ailleurs vite abandonnés. Paul Kossoff, dont l'état de santé se détériore de plus en plus pour raison de dope (son addiction est déjà responsable de la dissolution du groupe en 1970), et Simon Kirke publient, quant à eux, un album avec le bassiste japonais Tetsu Yamauchi et John Rabbit Bundrick, claviériste texan. Les quatre membres d'origine de Free, malgré l'état précaire de Kossoff, se remobilisent autour d'un nouveau projet (Free At Last en 1972) qui, dans leur esprit, peut se muer en un traitement salvateur pour le guitariste accro. Ce projet les voit revenir sur des terres plus rock, où ils ont fait valoir de sérieux arguments dans un passé récent (Fire And Water), pour tenter de reprendre l'élan amorcé par All Right Now. Hélas, il semblerait que l'indolence qui affecte Kossoff gagne les autres membres, allant jusqu'à rendre leur jeu apathique, jusqu'à les priver de toute inspiration. Il se situe dans la lignée de Highway, en pire. C'en est pitoyable. Cet album de retrouvailles est un coup d'épée dans l'eau. Si Free feint encore l'unité au sein du collectif, ce n'est qu'apparence. Free souffre. Free, c'est bel et bien fini. Ce cinquième LP studio de neuf pistes n'a rien de mémorable ou d'accrocheur. On peut, en le retournant dans tous les sens, trouver une raison de s'attarder sur Little Bit Of Love mais au-delà... Tout est résumé dans le titre qui clôture Free At Last : Goodbye. Au revoir, Messieurs et merci pour tout. Adieu, Paul Kossoff, qui crèvera de son addiction aux stups, que l'on n'oubliera jamais. Ce qui n'est pas le cas pour cet album.