Cette liberté (l’album devait initialement s’appeler
Acquitted) qu’Akon a acquise à force de hits en rafale et de productions pour à peu près toute la planète des superstars de la pop urbaine, il la gaspille sur ce troisième album en demi-teinte. Après le champion
Konvikted, qui lui valut un règne sans partage sur les charts, ces treize chansons sans grand relief sont un peu lourdes à digérer.
À l’instar d’un autre triomphateur contemporain, Kanye West, Akon a ici oublié les ambiances rap et R&B pour se diriger vers un son europop, tout en synthés et orientation club. Il en résulte des chansons lisses, toutes sorties d’un même moule et surtout faibles en gimmicks, alors que c’était là une de ses forces auparavant.
Son poulain T-Pain (il l’a signé sur son label) vient prêter main-forte sur un
« Holla Holla » où l’élève dépasse le maître.
« I’m So Paid », avec Lil Wayne et Young Jeezy, offre des paroles ineptes et une collaboration un peu plus rugueuse, mais en vain, car ce single, comme le
« Right Now (Na Na Na) » qui ouvre l’album et qui fut envoyé en éclaireur, n’a pas marché, peinant à conquérir les ondes.
Quant à la chanson enregistrée avec Michael Jackson,
« Hold My Hand », à cause de sa fuite sur Internet, elle a été « oubliée » du track-listing de ce disque pâlichon. La voix nasale et haut perchée d’Akon, dont l’aspect métallique a été accentué par la technique, ferait presque croire à l’utilisation forcenée de l’auto-tune, encore une fois comme Kanye West et, bien sûr, T-Pain, qui en a fait sa marque de fabrique. C’est particulièrement sensible sur
« I’m So Paid », mais à force de n’entendre que des voix ainsi trafiquées, on finit par s’en lasser.
« Sunny Day », en duo avec Wyclef, ne relève pas le niveau général d’un album qui marque une nette baisse d’inspiration et qui manque de charme.
Jean-Eric Perrin - Copyright 2013 Music Story